Le blog d'un patriote

16 mars 2012

Conférence à l'École de guerre économique

Je me fais très rare sur le blog depuis voilà dix mois, et cela ne risque pas de s'arranger, soyez-en certains. En effet, conscient avec quelques autres élèves de Sciences Po Rennes, que l'unité faisait la force, notamment lorsque l'on est en infériorité numérique (et croyez bien que nous sommes minoritaires dans notre Institut), nous nous sommes réunis au sein du Cercle Raymond Poincaré, dont voici la présente Charte.

C'est l'occasion pour moi de vous faire part de la tenue d'une conférence à laquelle je suis invité et qui se tiendra à l'École de guerre économique, ce lundi 19 mars à 18 heures 30, au 171, rue de Grenelle, Paris VIIe (amphithéâtre Grenelle). J'y serai présent avec l'un de mes compagnons du Cercle.

Cette conférence est une « initiative citoyenne européenne » sur le thème de « Nous voulons un protectionnisme européen », à l'initiative de l'association Manifeste pour un débat sur le libre-échange, du Forum Démocratique et l’EGE elle-même. Des candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants seront présents, ainsi que les économistes, Erik Reinert, Jacques Sapir, Hervé Juvin, Gabriel Colletis, Claude Rochet, Philippe Murer et Philippe Arondel. Voici le programme de la présente conférence :


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Elle débutera par la présentation de l’œuvre d’Erik Reinert, par Claude Rochet, traducteur et préfacier.

La première tables rondes abordera la question « Peut-il y avoir un protectionnisme intelligent ? » avec des interventions de Erik Reinert (en anglais avec traduction simultanée), Jacques Sapir et Hervé Juvin. La second traitera du sujet « Protectionnisme, l’inévitable débat » avecPhilippe Murer, Gabriel Colletis et Philippe Arondel. Cela se finira par une présentation de l'initiative citoyenne européenne sur le protectionnisme européen et un accueil des candidats à l’élection présidentielle ou de leur représentants qui répondront à la question « Qu’est-ce qu’un protectionnisme intelligent? »

 

Pour s’inscrire envoyer un email à conf.protectionnisme@gmail.com.

01 mai 2011

Laurent Blanc n'est pas raciste

Que reproche-t-on à Laurent Blanc exactement ? C'est la question que l'on est en droit de se poser. Car l'homme est cloué au pilori médiatique depuis trois jours pour avoir osé poser le problème des binationaux (et accessoirement des critères de sélection et détection des jeunes joueurs). Je ne reviendrai pas sur tous les aspects et toutes les polémiques latérales à cette polémique centrale, comme le fait que les centres de formation de l'OL et de l'OM feraient de la discrimination ethnique, chose parfaitement censée si l'on regarde quelques-uns des derniers joueurs qu'ils ont sortis, tous bien blancs évidemment : Sidney Govou, Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, ou encore Alexandre Lacazette pour Lyon ; Samir Nasri, André et Jordan Ayem pour Marseille. De même, je ne rentrerai pas dans le débat de la sélection des jeunes joueurs censés être nos futurs « grands », laquelle se fait trop tôt à mon avis, et sur des critères biaisés, privilégiant la puissance physique et l'explosivité sur la technique, la créativité et l'intelligence. Combien de joueurs comme Franck Ribéry et Mathieu Valbuena, boudés par les centres de formation, et qui ont dû végéter après dans de petits clubs amateurs ou de National, sans avoir eu la chance comme les deux cités auparavant d'être repérés, l'un par Metz, l'autre par Marseille ? Enfin, je ne reviendrai pas sur la suspension hâtive dont a été victime le Directeur technique national (DTN) François Blaquart alors même que l'enquête ne fait que commencer.

 

Non, je ne rentrerai pas dans le débat, je ne commenterai pas cela, et m'en tiendrai aux seuls propos tenus lors de la réunion de la Direction technique nationale (DTN encore une fois) où était présent Laurent Blanc, le 8 novembre 2010. Ces propos rapportés par Mediapart – le journal du célèbre Edwy Plenel, vous savez... l'homme qui s'extasie devant les nationalistes corses du genre Jean-Guy Talamoni mais n'a pas de mots assez durs pour les républicains souverainistes qu'il insulte de « néos-réacs » – je les ai lu sur le site du journal sportif L'Equipe (je n'allais tout de même pas donner de l'argent à Mediapart pour lire un extrait que je pouvaire lire dans tous les journaux de manière gratuite). Voilà ce qu'il s'est dit (article en entier, disponible ici) :

 

Erick Mombaerts : Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?

Laurent Blanc :Moi j'y suis tout à fait favorable. Sincèrement, ça me dérange beaucoup (...) A mon avis, il faut essayer de l'éradiquer. Et ça n'a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l'équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu'après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément.

Erick Mombaerts : Donc il faut 30% ? Un tiers de gamins qui peuvent changer (de nationalité, ndrl) ?

François Blaquart : Même pas. On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.

Francis Smerecki : Si le mec a envie d'être international, c'est quand même normal qu'il aille vers un pays où il va pouvoir jouer. Je pense que c'est humain quand même ! (…) Première chose, c'est discriminatoire (…) Ce qui me gêne sur le fond, c'est (qu'il y a) celui qui a la possibilité d'être français-français et d'aller avec Laurent, et celui, parce qu'il n'a pas assez d'aptitudes et de talent pour aller avec Laurent et qui va aller dans un autre pays, et c'est celui-là que vous voudriez éliminer. C'est impossible.

François Blaquart : C'est pas forcément l'éliminer.

Francis Smerecki : Le limiter ? Ça veut dire que vous allez garder lesquels ? Les blancs ? Les moins bons ?

Laurent Blanc : On veut pas éliminer les étrangers, pas du tout, mais faire en sorte que les pôles Espoirs ou les pôles de la DTN testent sur des critères mieux définis pour pouvoir attirer d'autres personnes, parce que si on a toujours les mêmes critères, y aura toujours les mêmes personnes (...) Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks. Et c'est comme ça. C'est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formation, dans les écoles de football, ben y en a beaucoup (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas".

Erick Mombaerts : Est-ce qu'on peut essayer de proposer avant la fin de l'année un projet (...), s'attaquer à quelques croyances bien établies, notamment le jeu, au détriment peut-être de l'individu. Mais le jeu, forcément, ça va être d'intégrer d'autres types de joueurs. Parce que le jeu, c'est l'intelligence, donc c'est d'autres types de joueurs.

 

La discussion s'arrêta là. Que conclure dès lors à l'issue de cette réunion qui tente avant tout de résoudre des problèmes techniques ?

Premièrement, que, contrairement à ce que dit Mediapart, le premier à mettre sur la table la question raciale est Francis Smerecki, qui considère comme normal qu'un joueur puisse aller jouer pour une autre équipe nationale alors qu'il a fait toutes ses gammes pour la France en jeunes.

Deuxièmement, que Laurent Blanc continue de s'opposer à la réglementation actuelle de la FIFA – rédigée afin que Monsieur Sepp Blatter puisse tranquillement être réélu à chaque fois dans un fauteuil – autorisant des joueurs à jouer pour une équipe nationale d'un pays dont ils sont originaires (peu importe que cela soit de par leurs parents ou leurs arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-parents) alors même qu'ils ont déjà joué pour l'équipe nationale du pays où ils vivent et ils sont nés, y compris chez les A lorsqu'il ne s'agit que d'un amical. Doit-on rappeler qu'il l'avait fait publiquement il y a peu de temps sur le plateau du Canal Football Club, et qu'à l'époque personne n'avait hurlé au scandale ?

Troisièmement, que Laurent Blanc est toujours déterminé à privilégier la technique, l'intelligence de jeu et la créativité sur le physique, la seule puissance et la force. Comment peut-on être admiratif du jeu de l'Espagne et se plaindre que Laurent Blanc souhaite que la France renoue avec un jeu digne de son rang footballistique (pour rappel, une Coupe du monde plus une place de finaliste, deux Euros, deux Coupes des confédérations et une médaille d'or aux Jeux Olympiques...) ? Devrait-on continuer de ne sélectionner que le même type de joueurs afin d'être sûrs que l'on ne hurlera pas à la discrimination raciale ? Doit-on poursuivre Laurent Blanc pour préférer le beau jeu chaloupé par rapport à l'anti-jeu digne d'un match du Real Madrid version José Mourinho ? Et pourquoi alors, n'a-t-on pas poursuivi Anne Lauvergon lorsqu'elle disait qu'elle ne voulait plus de « mâles blancs » dans les conseils d'administration lors d'une intervention au Women's Forum?

Quatrièmement, les propos utilisés sont plus que maladroits, parfois choquants il est vrai, et montrent que l'on a pas affaire à des professionnels de la communication. Cependant, ne s'agissait-il pas d'une réunion interne, et donc non-soumise aux impératifs de celle-ci ? Avoir un langage direct et cru permettait peut-être de ne pas se perdre dans des circonvolutions qui n'auraient fait qu'embuer le débat entre des personnes qui ne sont pas des intellectuels faut-il encore le rappeler. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas avoir lu un seul propos raciste, sinon de la part de Francis Smerecki qui de manière implicite sous-entend que blanc est égal à mauvais dans le football, mais simplement l'évocation d'un constat que chacun peut faire en regardant Jour de Footle samedi soir ou n'importe quel match de l'Équipe de France.

Mais il me reste encore une question : n'est-il pas problématique que de telles informations aient pu fuiter dans la presse (à l'image de ce qu'il s'est passé à Knysna) ? Et la personne qui a donné ces informations, n'aurait-elle pas dû avoir le courage de ses opinions, démissionner et convoquer la presse pour dénoncer ce qu'elle n'approuvait pas plutôt que de continuer à profiter de la rémunération que lui donne la Fédération française de football (FFF ou encore 3F) ?

 

Finalement, la meilleure réponse, c'est encore Laurent Blanc qui la donna par ce communiqué :

« Je ne retire rien aux propos que j'ai tenus hier. Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j'ai participé n'avait évidemment pas pour objectif de «diminuer le nombre de noirs et d'arabes dans le football français» comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l'article, mais uniquement d'envisager le futur du football français et donc d'aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu.

Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c'est l'évidence, mais il n'y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité.

Mon seul souci est d'avoir de bons joueurs pour une bonne Équipe de France, qu'ils soient petits ou grands, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs ascendances.

C'est assez facile à comprendre sauf, apparemment, pour ceux qui, pour des motifs qui m'échappent, mais avec des procédés douteux, mélangent tout et font un mal considérable, et pas seulement au football français. »

 

Que dire après cela ? Juste qu'il a raison sur toute la ligne et que l'on ne peut être que d'accord à 100% avec lui. Avec ses collègues de la DTN, il a tenté de poser le problème des binationaux formés par les instances fédérales (en plus des critères de sélection) qui s'en vont ensuite jouer pour d'autres sélections nationales (pour des raisons X ou Y). Mediapart, toujours très bien intentionné comme on le sait (Éric Woerth peut en témoigner), a transformé cela en : « ils ne veulent plus de noirs et d'arabes ». Ce qui est bien évidemment faux. Petite remarque au passage, il est étonnant de voir Mediapart défendre avec tant de vigueur la discrimination positive en politique, dans les médias, dans les entreprises, etc. et faire mine de s'offusquer d'une discrimination positive qui existerai (et qui n'existe même pas) dans le football...

Comment oser dire que Laurent Blanc est raciste ? Qui a nommé Florent Malouda, Alou Diarra et Samir Nasri capitaine ? Qui a fait jouer Karim Benzema même quand il était remplaçant au Real Madrid ? Qu'on me rappelle le nombre de blancs par rapport aux « minorités visibles » en Équipe de France ! Comparons les équipes alignées par Laurent Blanc et les noms des journalistes de Mediapart.

 

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La première équipe alignée par Laurent Blanc lors du match amical Norvège-France (2-1) le 10 août 2010 : 2 blancs, 2 arabes et 7 noirs : alors, raciste, Lolo ?

 

On peut se demander lequel des deux entre Laurent Blanc et Edwy Plenel – le roi des donneurs de leçons, se permettant d'insulter et de mépriser ses interlocuteurs – est le plus raciste après avoir vu cela... La manière d'Edwy Plenel d'accuser ainsi le sélectionneur des Bleus ressemble étrangement aux méthodes des journaux d'extrême-droite de l'Entre-Deux-Guerres qui ont été jusqu'à pousser Roger Salengro au suicide, ministre de l'Intérieur du Front Populaire. Le degré n'est certes pas le même, mais la méthode est similaire.

 

Plus simplement, peut-on se demander sereinement s'il n'est pas anormal de voir la France (par nos impôts, puisque la majorité des revenus de la 3F viennent de subventions étatiques), et le football français plus particulièrement, dépenser des fortunes pour voir d'autres pays qu'ils soient européens, africains, sud-américains, etc. en profiter au final ? La France n'a pas vocation a accueillir toute la misère du monde, et n'a pas non plus vocation à financer toutes les fédérations sportives du monde. Au risque de passer pour un sans-cœur, je vais le dire comme je le pense : je n'en ai rien à faire que les binationaux qui ne jouent pas pour nous n'aient pas eu le talent pour intégrer l'Équipe de France (quoi que ça reste à voir... car des joueurs comme Didier Drogba, Frédéric Kanouté ou encore Moussa Sow auraient largement eu leur place) et ne cherche ainsi qu'à compenser en allant jouer pour des sélections moins performantes. Pour moi, il m'apparaît absolument inadmissible que nous payons (je parle de la FFF, les clubs poursuivant une autre logique sportive) pour former des joueurs qui bénéficieront à d'autres sélections nationales. Cela m'embête que mes impôts servent à ça, car au cas où certains ne le sauraient pas former un joueur de football professionnel coûte cher, très cher, car il est pris dès son adolescence jusqu'à l'âge adulte. Or, la FFF n'a pas vocation à former des joueurs pour le monde entier mais uniquement pour la France. Bien souvent, on oublie que nombre de joueurs ne veulent absolument jouer pour une équipe nationale que dans le but d'augmenter leur valeur marchande lors d'un transfert ou d'une renégociation salariale. Ils agissent donc comme des mercenaires, ce qui venant d'un milieu totalement pourri par l'argent n'est pas très étonnant.

Le cas de Ludovic Obraniak, joueur du Lille OSC n'est-il pas le plus parlant ? Ce joueur, au demeurant relativement bon, ne parle pas un mot de Polonais. Il est né et a vécu toute sa vie en France, seul son grand-père paternel avait quelques origines polonaises. Il a été formé par la FFF et a joué dans presque toutes nos sélections de jeunes. Voyant qu'il n'avait pas le niveau pour jouer pour la France, il a demandé sa nationalité polonaise en vertu du droit du sang qui existe en Pologne et l'a obtenu : en 2009, il a donc pour la première fois de sa vie posé le pied en Pologne pour y jouer avec la sélection nationale. Ne marche-t-on pas sur la tête ? A ce rythme-là, je demande la nationalité algérienne et je peux jouer pour l'Algérie ! Ou alors je demande à jouer pour la Gaule ou que sais-je encore... l'Empire romain ? Bon, il est vrai que comme ces « nations » n'existent plus, ça me sera difficile. Mais vous comprenez l'idée ? Des milliers de footballeurs n'ont pas le niveau pour être internationaux. Et quand dans ce pays il y en a 20, 30, 40, 100 qui sont meilleurs, il est inadmissible de trouver une excuse pour être international et ainsi faire gonfler sa valeur marchande (car c'est tout ce que cherche ce type de joueurs), alors que lorsque l'on joue pour une équipe nationale c'est avant tout le sentiment d'appartenance à une Nation qui compte, non ? Oh loin de moi l'idée de lancer une nouvelle polémique sur le bienfait de l'existence de la pluri-nationalité rendue possible par notre droit (et inévitable par le droit de certains pays d'émigration) !

Protectionnisme footballistique ? Peut-être bien, et j'assume parfaitement. La France sait être généreuse, mais elle n'a pas à être l'idiote du « village global » (comme aiment à dire certains) : celle qui prend des baffes et qui dit merci.

16 mars 2011

J'aurai attendu presque quatre ans...

Pour une fois je suis fier de lui. Je ne pensais pas le dire d'ici la fin de son quinquennat, avant un très (très) hypothétique second mandat pour lui. Mais oui. Aujourd'hui, je peux le dire : j'aurai été fier de Nicolas Sarkozy. Après près de quatre ans de mandature, Nicolas Sarkozy s'est enfin montré à la hauteur de la France, de son histoire et s'est enfin débarrassé de son atlantisme (juste sur ce sujet, entendons-nous !) ; car après avoir reconnu le Conseil national de transition libyen, il en a rencontré les représentants à l'Élysée ce matin. Il a enfin choisi l'« option farfelue » comme le dit si bien François Miclos sur Causeur. Mais qu'est-ce que l'option farfelue justement ? François Miclos encore une fois, la définie bien mieux que moi, je ne peux faire que le citer :

 

« L’option farfelue, c’est la politique de la France ! Elle ne date pas d’hier et court tout au long de l’histoire de France. Malraux l’a théorisée dans les Antimémoires. Elle va de Philippe Le Bel, qui proclame « Roi de France est empereur en son royaume » contre la volonté hégémonique des Impériaux, jusqu’au général de Gaulle qui, en juin 1940, dénombrait parmi ses ralliés les plus farfelus des Français : francs-maçons, juifs, membres actifs d’une petite association bien gentillette qu’on appelait l’Action française, marins de l'Île de Sein. Et Vercingétorix, Du Guesclin, Roland sonnant du cor à Roncevaux, Jeanne d’Arc, Jeanne Hachette, Gambetta mal rasé, mal coiffé, saoul comme un âne du soir au matin, mais levant en six mois une armée de trois cent mille hommes : nous sommes un peuple d’aventuriers. La France, quand elle est fidèle à elle-même, qu’elle a rendu à ses voisins allemands le costard vert-de-gris qui la boudine, est un pays farfelu. »

 

Tout es dit en un paragraphe. Pour une fois, Nicolas Sarkozy s'est montré à la hauteur du costume présidentiel qui est le sien, mais qui paraissait bien trop large et bien trop grand (je vous assure, il n'y a aucune allusion à sa taille !) et il a agit tel qu'il le devait : en président de la République française. Idéaliste, moi ? Certes, oui concernant une certaine idée de la France ! Peut-être, et je l'espère tout à la fois pour lui et pour la France, l'histoire retiendra qu'il aura été le seul chef d'État à tendre la main aux insurgés, comme – toute proportion gardée – Churchill fut le seul à reconnaître la France Libre du Général de Gaulle comme la véritable France – ce qu'elle était – quand toutes les autres nations reconnaissaient l'autorité, dite « gouvernement français », de Vichy, c'est-à-dire la fausse France.

 

Llibye_dit_merci « Les Libyens disent merci à la France pour son soutien »

 

Aujourd'hui, alors même que le fils Kadhafi affirme avoir financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 (comme si le président de la République était si bête qu'il ne pouvait comprendre qu'en lâchant Kadhafi celui-ci se vengerait ainsi, si c'était vrai... et quand je pense que certains accordent plus de crédit aux propos d'un des fils d'un dictateur sanguinaire qu'à ceux d'un dirigeant, qui plus est le nôtre, élu démocratiquement !), il faut cependant aller plus loin, comme l'a si bien dit David Desgouilles. Après avoir bombardé la capitale d'un allié traditionnel, comment pourrait-on avoir peur de bombarder avec nos avions quelques bases militaires et aériennes ? En 1939, lorsque la Pologne fut envahie et que, la première, la Grande-Bretagne a déclaré la guerre à l'Allemagne nazie, entrainant derrière elle la France, a-t-elle attendue l'aval de la SDN ? Non. Elle a agit (enfin... elle a déclaré la guerre) parce que c'était là son devoir. Aujourd'hui que la France a reconnu le CNT comme l'organe légitime (bien que illégal) de la Libye, elle doit aussi agir. Les Etats-Unis ne sont pas d'accord ? L'Allemagne de Merkel fait des petits calculs d'épiciers trouillards et veut l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU ? Autant condamner à mort les insurgés, car la Russie apposera toujours son veto. La Grande-Bretagne aussi veut agir, peut-être cette fois-ci sera-ce à notre tour de les entrainer derrière nous...

 

« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » avait dit le président du Conseil Paul Reynaud en 1939. Cette fois-ci, nous pouvons réellement le dire. Si la France décide d'engager une flotte aéro-navale, les « loyalistes » seront écrasés. Je ne suis pas un va-t'en-guerre belliqueux, mais je crois qu'il y va de l'honneur de la France, désormais. J'aurai attendu presque quatre ans, mais j'aurai pu dire que sur au moins un sujet j'aurai été fier de la voix de la France qu'est censé incarner Nicolas Sarkozy. Il ne tient qu'à lui de continuer et d'agir comme le veut la tradition française : en farfelu.

06 mars 2011

Qui sème le vent récolte la tempête

Les sondages n'engagent que ceux qui y croient (un peu comme les promesses). Certes, ils sont une photographie de l'opinion publique à un moment donné concernant un sujet précis. Mais ils n'ont rien d'une science exacte. Ainsi, le « coupe de semonce » donnant Marine Le Pen en tête au premier tour de l'élection présidentielle avec 23% des voix devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (tous deux à 21%) doit être relativisé. Déjà, parce que Dominique Strauss-Kahn, chouchou des sondages et des médias, n'est pas proposé. Ensuite, parce que l'abstention est de 35% (un niveau historique jamais atteint). De plus, parce qu'il y a une multitude de candidatures à droite comme à gauche, et que celles-ci ne sont pas certaines puisque l'on peut se douter que UMP comme PS feront tout pour les empêcher, désormais. A cela, n'oublions pas de rajouter qu'il se peut bien qu'un réflexe de « vote utile » joue pour les électeurs de droite comme de gauche afin d'éviter de voir leur favori se faire éliminer et ainsi permettre à l'autre camp de l'emporter (car ne rêvons pas, Marine Le Pen n'a aucune chance d'être élue). Enfin, le principal élément qui doit nous permettre de relativiser cela est que nous sommes à quatorze mois de la présidentielle de 2012... Quatorze mois avant leur élection, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy étaient donnés battus. De fait, il nous faut prendre avec des pincettes les résultats de ce sondage Harris Interactive pour Le Parisien Dimanche. Cependant, on ne peut nier qu'il y a là de quoi s'inquiéter. Était-ce pour autant imprévisible ? Certainement pas. Pour au moins trois raisons.

 

 

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Le sondage du Parisien montrant Marine Le Pen en tête au soir du premier tour de la présidentielle de 2012

 

 

Des facteurs conjoncturels...

 

A vrai dire, depuis pas mal de temps, je suis persuadé – et je le suis plus que jamais – qu'un des représentants des deux grands partis politiques français et favoris de la présidentielle ne sera pas au second tour et que Marine Le Pen y sera. Reste à savoir lequel sera absent... J'ai ma petite idée, mais je ne la dévoilerai pas pour l'instant, par peur de paraître ridicule dans quatorze mois (surtout que l'on ne sait pas ce qu'il peut se passer d'ici là).

 

En réalité, vu la situation actuelle, il n'y a pas de quoi être très étonné de voir Marine Le Pen si haut dans les sondages. En effet, l'idée de l'UMP de lancer un débat sur l'islam – puis finalement sur la nature et le contenu de la laïcité, par peur de stigmatiser les musulmans – a évidemment favorisé le FN et sa présidente. Si l'initiative peut paraître, selon les points de vue, soit nauséabonde, soit bienvenue, elle ne pouvait jouer qu'en défaveur du PS et de l'UMP. Du PS, parce que quoi qu'il en dise, les Français ont des inquiétudes concernant la deuxième religion de France et que ce n'est pas en niant cette réalité, en faisant comme si tout allait très bien, qu'ils réussiront à attirer les électeurs, et plus particulièrement l'électorat populaire, à eux. De l'UMP, parce que c'est le parti majoritaire, qu'il est au pouvoir depuis 2002, qu'il a eu donc neuf ans devant lui pour débattre puis agir... et surtout pour agir. Car ce que l'on demande à la majorité au pouvoir c'est d'agir pas de débattre. Un gouvernement n'a pas à organiser de débats, ce n'est pas son rôle. D'autant que le terme de « débat » a pu paraître inquiétant pour son propre électorat, induisant la possibilité que l'État pourrait faire de nouveaux « accommodements raisonnables » (comprendre « compromissions ») et revenir sur certains principes laïcs et républicains pour un peu plus s'enfoncer dans le communautarisme. Bien que, depuis, le président de la République comme le Premier ministre aient clairement fait comprendre, ainsi que le patron de l'UMP Jean-François Copé, qu'il n'en était pas question, le doute s'est insinué dans l'esprit d'une partie de leurs électeurs, prêts à se tourner dès lors vers celle qui ne cesse de dénoncer « l'islamisation de la France », à savoir Marine Le Pen. En 1806, l'État n'avait pas organisé de débat pour forcer les juifs de France à s'assimiler et à conformer leurs principes religieux à ceux du Code Civil. Il l'avait imposé, de force, se considérant dans son bon droit. Mais n'est pas Napoléon Ier qui veut...

 

Par ailleurs, second facteur conjoncturel, mais qui est de grande importance : les révolutions arabes. En effet, il apparaît aujourd'hui, de manière plus en plus flagrante, qu'il existe un véritable risque d'immigration massive en provenance des pays d'Afrique du nord – et d'Afrique en général, puisque ces pays empêchaient les immigrés en provenance d'Afrique subsaharienne de remonter jusqu'en Europe et en France. Or, voilà qui fait évidemment peur aux Français. Et Marine Le Pen sait jouer sur cette peur, n'hésitant pas à surenchérir ou fabuler sur le nombre d'immigrés qui pourraient arriver (plusieurs millions en quelques jours, selon elle). Et cela marche, comme le dit bien dans son sondage, Jean-Daniel Lévy. D'où la volonté de Paris de maitriser au mieux cette possible nouvelle vague migratoire et de prendre des mesures coordonnées – notamment avec l'Italie – pour éviter ce risque.

 

 

et une lame de fond

 

Cependant, il existe un véritable mouvement en faveur de Marine Le Pen, qui n'est pas lié à la conjoncture, mais se révèle structurel. En effet, on peut remarquer depuis plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années, un véritable rejet du « système » par les Français. Rejet de la mondialisation soi-disant « heureuse » (quand elle se traduit par des régressions sociales et une désindustrialisation pour nos compatriotes), rejet de l'Union européenne supranationale, technocratique et élitiste, scepticisme de plus en plus marqué et réel concernant les mesures de sauvetage de l'€ (que de plus en plus de Français voient comme facteur d'inflation, de chômage et de stagnation économique), rejet du multiculturalisme bienheureux que l'on a voulu nous imposer alors qu'il est contraire à notre tradition (l'histoire montrant que, si l'uniformité culturelle de notre pays n'a jamais existé, le Peuple français a toujours eu du mal à accepter les grandes divergences en son sein). Or, Marine Le Pen ne cesse de dénoncer la mondialisation financière, l'Union européenne apatride, l'€ condamné à mourir à terme à moins que l'on ne décide de tuer les Peuples et le multiculturalisme qui ferait que les Français seraient désormais étrangers dans leur propre pays. Et cela est bien plus inquiétant pour les partis traditionnels. Car ni le PS ni l'UMP n'ont jamais remis en cause leur adhésion totale à la mondialisation, à l'européisme, à l'€ et à une certaine forme de multiculturalisme (bien que l'UMP semble quelque peu évoluer – en façade seulement ? – sur le dernier point). De fait, il leur sera très difficile de faire reculer Marine Le Pen et le FN sans revenir aux fondamentaux républicains et sans renoncer à une partie du corpus intellectuel qui structure leur pensée politique depuis près de quarante ans. En sont-ils capables ? Rien n'en est moins sûr. Mais qu'ils fassent attention, car qui sème le vent récolte la tempête.

14 janvier 2011

Le monde en 2050 ? Je sais ce qu'il sera !

Avez-vous entendu parler de PricewaterhouseCooper ? Non ? Eh bien, vous ne vous en porterez pas plus mal ! Il s'agit d'une société de conseil et d'audit. Jusque là, rien de très croquant à se mettre sous la dent. Jusqu'à ce que je lise cet article. Car « PWC » (pour les intimes), entend prédire l'ordre économique mondial en 2050, alors mêmes que personne ne fut capable de prévoir l'ordre économique de 2010 correctement (certains se rappellent-ils encore qu'en 1980, on voyait l'URSS être devant les États-Unis et le Japon en première puissance mondiale ?), et encore moins la crise économique et sociale qui nous est tombée dessus en 2008...

Ainsi, on nous apprend, avec tout le sérieux qui soit, que la France ne sera plus que au onzième rang économique mondial avec 5 344 milliards de $, contre le cinquième actuellement (2 649 milliards de $), derrière le Royaume-Uni (5 628 milliards de $), actuelle sixième puissance économique mondiale avec 2 175 milliards de $, en terme de produit intérieur brut nominal (oui, parce que franchement, le PIB à parité de pouvoir d'achat, c'est vraiment n'importe quoi alors que la puissance d'un pays par rapport à un autre se compare en terme de taux de change, c'est-à-dire en PIB nominal). À noter que la banque britannique HSBC était bien plus sympathique avec nous puisqu'elle nous offrait un royal... neuvième rang... trois rangs derrière le Royaume-Uni qui, on ne sait pourquoi, parviendrait à se maintenir à son sixième rang (sauf que HSBC veut croire encore que sa chère Patrie est cinquième alors que désolé, non, vraiment désolé, mais les « froggies » sont repassés devant en 2008). De fait, j'ai bien ri en lisant l'article et j'espère que vous en ferez autant !

Ridicule, cet article l'est dès le départ, donc. Et ça ne s'arrête pas là. Actuellement, la France a presque 500 milliards de $ d'avance en terme de PIB sur sa meilleure ennemie d'Outre-Manche, laquelle est en réalité talonnée par l'Italie (2 113 milliards de $ de PIB pour nos amis transalpins). Or, qui peut croire qu'en coupant drastiquement dans les dépenses publiques, en augmentant férocement les impôts, comme le fait l'actuel cabinet conservateur de David Cameron, au point que ce soit 100 milliards d'€ de purge budgétaire que vont subir les Britanniques en trois ans, il soit possible de maintenir une croissance forte ? Il est vrai cependant que le Royaume-Uni n'a pas sur le dos le poids de l'€ et qu'elle peut dévaluer en toute quiétude sa £...

Mais le plus drôle, c'est encore lorsque PWC nous annonce que la France va connaître en quarante ans, un accroissement démographique de seulement 0,2%, passant ainsi de 65 447 374 habitants aujourd'hui à seulement 65 578 269 en 2050. Ainsi, les voilà encore plus pessimistes que l'INSEE, laquelle ne nous prévoit que 70 millions d'habitants, quand la majorité des démographes parient sur environ 75 millions. Mais que se serait-il donc passé en France pour que nous soyons si peu nombreux alors que nous avons la plus forte démographie d'Europe (Irlande exceptée) ? Une guerre civile ? Une épidémie ? Le retour de la Peste Noire ? Mystère et boule de gomme... D'autant plus surprenant que le Royaume-Uni, on ne sait pourquoi, aurait une croissance démographique de 0,3% sur la même période, passant donc de 61 335 234 à 61 519 240 habitants. Bon, ce n'est pas bien glorieux non plus, mais chez eux, ça peut s'expliquer, puisque leur taux de fécondité n'étant que de 1,8 environ (contre 2,01 en France) il n'est pas suffisant (le taux suffisant étant de 2,1) pour renouveler les générations sans faire appel à l'immigration. Il n'empêche, qu'on m'explique comment le Royaume-Uni aurait fait pour nous mettre 800 milliards de $ (de -500 à  +300) dans la vue en 40 ans, en menant une telle politique ultra-libérale et en ne parvenant pas à combler son retard démographique ? Là, aussi, il n'y a pas de réponse.

Moi aussi, je veux jouer à Madame Soleil !!!

Donc, après tout, puisque Pricemachinchouette s'amuse à jouer aux devins, pourquoi ne pourrai-je pas le faire également ? Ainsi, je vous annonce donc mes prévisions économiques pour 2050 pour les principaux pays, parce qu'il n'y a pas de raisons que je ne puisse pas, moi aussi, m'amuser à vous débiter des conneries :

  • La France : elle sera devenue le premier pays européen en nombre d'habitants avec une population de 77 millions d'habitants, l'immigration n'ayant été que peu contrôlée comme dans les décennies précédentes et venant s'ajouter au solde positif des naissances. Décrochant ainsi ses voisins européens, profitant d'un PIB/habitant historiquement supérieur à celui de l'Allemagne, de la deuxième superficie maritime mondiale qui en fait le cinquième pays le plus grand du monde surface terrestre et maritime confondue, de l'abandon de l'€ en 2013 lui permettant des dévaluations compétitives fondées sur un cycle inflation-désendettement-relance des exportations, et enfin d'un modèle social pas si idiot que cela lui assurant une croissance stable aux alentours de 2,5% à partir des années 2020, elle aura repris la place qui lui sied le mieux, celle de première puissance européenne, à partir de 2042. Cependant, bien que le budget sera enfin équilibré, et le chômage stabilisé aux alentours des 6% à partir de 2035, la dette publique ne se réduira pas en dessous du stade de 75% du PIB à partir de 2044, toute politique active de réduction de celle-ci étant alors abandonnée.

  • L'Allemagne : bien qu'ayant connue une embellie dans les années 2010, grâce aux lois Hartz de dérèglementation et de dumping social, l'Allemagne aura souffert d'un fort vieillissement de sa population et de sa phobie de toute politique légèrement inflationniste ou de souplesse budgétaire. Ainsi, n'ayant plus que 73 millions d'habitants, malgré l'appel à l'immigration, et un PIB/habitant inférieur à celui de sa voisine française, l'Allemagne aura dû se résoudre à devenir la deuxième puissance économique européenne. Mais l'honneur sera sauf avec une inflation limitée à 0,5% à partir de 2039, une dette publique ramenée à 60% du PIB et un équilibre budgétaire systématique dans les années 2040.

  • Le Royaume-Uni : empêtré dans son idéologie néo-libérale nocive et appauvrissant l'immense majorité de la population, le Royaume-Uni sera incapable de connaître de nouveau les années florissantes de l'époque Tony Blair. Connaissant un accroissement démographique limité (63 millions d'habitants), devant entretenir une famille régnante absolument inutile mais dispendieuse, la croissance sera limitée à 2% du PIB en moyenne, les Britanniques ne pouvant plus bénéficier de l'aide de l'€ (je ne dis pas « € fort », c'est un pléonasme) après 2013 pour doper leur croissance en dévaluant la £. Le Royaume de Sa Très Gracieuse Majesté restera donc en troisième position économique au niveau européen, avec un endettement public faible à force de « thérapies de choc » (la dernière après la crise économique mondiale de 2036-2038), mais celui privé dépassant les 200% du PIB, et un chômage légèrement supérieur à celui de la France.

  • L'Italie : minée par la corruption, la mafia, le berlusconisme et la mollesse de sa gauche, l'Italie ne parviendra pas à se relever dans le siècle qui s'annonce. Sa natalité catastrophique (faisant passer le pays à seulement 55 millions d'habitants) couplée à une politique anti-immigration, et à tout ce que j'ai dis encore dans la phrase d'avant (oui, je sais, c'est mal formulé). De plus, avec un État-Providence en déliquescence et une dette publique monumentale de 130% du PIB (stabilisée à partir de 2046), ainsi qu'un chômage de plus de 10%, ils ne pourront recoler au podium européen, et seront même amenés à se faire dangereusement rattraper par l'Espagne.

  • L'Espagne : bien que les Espagnols aient la drôle d'habitude de ne pas travailler quand le monde entier s'active (c'est-à-dire entre 14 heures et 17 heures), ils parviendront à accrocher l'Italie, grâce à une politique d'immigration massive (car les Espagnols ne sont pas beaucoup plus féconds que les Italiens), passant de 46 951 532 habitants à 53 millions, sans parvenir cependant à rattraper les trois premiers (faut pas plaisanter non plus). Leur chômage diminuera de moitié pour se situer à environ 10% et leur dette publique se stabilisera à 70% du PIB dans les années 2040, même si leur endettement privé restera problématique.

  • Dans le monde autour de nous : les États-Unis déclineront au profit de l'Inde et de la Chine, abandonnant à la seconde leur première puissance économique mondiale avec la crise économique de 2036-2038, mais parvenant tout de même à empêcher la première d'être seconde (pas trop perdus ?). Le Japon, qui aura perdu 15 millions d'habitants pour passer à 111 millions d'habitants seulement, reculera en cinquième position, derrière le Brésil, nouvelle quatrième puissance mondiale, bien plus grâce à ses 250 millions d'habitants que grâce à sa productivité hors-du-commun... La Russie, elle, en n'ayant plus que 120 millions d'habitants, perdra toute chance de réintégrer le top10 économique mondial après le choc des hydrocarbures de 2041 (lié au booms des énergies alternatives) et devra se contenter de la treizième place (quelle poisse !). Enfin, la Corée du Sud que Pricemachinchouette voyait en 2000 comme la future troisième puissance mondiale en 2050 (oui, vous avez bien lu) aura presque réussi son pari en terminant... quinzième. C'est pas passé loin, comme on dit !

Ici, un tableau récapitulatif des dix premières puissances mondiales avec PIB nominal en 2050 :

Rang

Nations

PIB nominal en milliards de $

1

Chine

46 435

2

États-Unis

43 564

3

Inde

37 909

4

Brésil

10 980

5

Japon

8 234

6

France

6 744

7

Allemagne

6 221

8

Mexique

5 987

9

Royaume-Uni

5 561

10

Indonésie

5 234

Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? Rendez-vous dans quarante ans, alors !