Ces derniers jours j'ai été agréablement surpris par le langage tenu par le gouvernement Fillon concernant la sécurité et l'immigration (même si cela permet à l'opinion de penser à autre chose que l'affaire Bettencourt – bien que je persiste à dire que l'acharnement sur la personne d'Éric Woerth a quelque chose d'étrange. Mais c'est de bonne guerre). Ce langage ? Il est ferme, courageux, déterminé, audacieux. Et puisque nous sommes en « guerre nationale contre la délinquance » (dixit le Président de la République Nicolas Sarkozy), l'audace n'est-il pas le plus beau calcul du génie ! C'est en tout cas ce que disait le premier de nos Empereurs, Napoléon Ier.

J'en avais déjà vu quelques signes précurseurs dès le 14 juillet de cette année (oui, toujours ce fameux 14 juillet). Ce jour-là, 35 députés de l'UMP, parmi lesquels Thierry Mariani, Bernard Debré, Lionnel Luca ou encore Jacques Myard se constituèrent en un « Collectif de la Droite Populaire » dont les fondamentaux se résument en quatre mots : Nation, Patrie, République et travail. Depuis le temps que j'appelais de mes vœux le rassemblement des héritiers de la droite bonapartiste au sein de l'UMP ! Précision : ceci ne veut pas dire qu'ils sont pour l'Empire, mais simplement que nombre de leurs valeurs sont celles de la droite anciennement bonapartiste. Il y a trois grandes familles de droite pour René Rémond : l'orléaniste qui est libérale et parlementaire, la bonapartiste qui est populaire et autoritaire, la légitimiste qui est réactionnaire. Toutes les droites françaises seront selon lui imanquablement les héritières d'un de ces trois courants, l'UMP rassemblant beaucoup d'orléanistes et une petite minorité de bonapartistes. Revenons-en à nos moutons. En se coalisant ainsi, ces députés UMP espéraient faire en sorte que le Nicolas Sarkozy n'oublient pas ses engagements de 2007 et ce qui lui avait alors permis de l'emporter : un discours sécuritaire musclé fondé sur l'ordre républicain et l'autorité de l'État, la défense de l'identité nationale française, la réhabilitation de la notion de travail et de mérite par l'effort. C'est peu de le dire que le Président a oublié depuis ces promesses ! Les multiples scandales de l'EPAD, du Fouquet's, la complaisance avec les milieux d'affaires, le refus de mener une vraie politique d'immigration ferme (la France a rarement été aussi accueillante contrairement à ce que la gauche veut faire croire), l'absence de résultats frappants en matière de sécurité (ce qui ne signifie pas l'absence de résultats tout court, nuance !), sans oublier la hausse du chômage et la dégringolade de la croissance depuis la crise économique et sociale de 2008 ont passablement abimé son image. D'une certaine manière, c'est bien fait. Et peut-être salutaire...

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Lionnel Luca et Thierry Mariani, deux des députés les connus du collectif Droite Populaire

Les électrochocs Grenoble et Saint-Aignan

En effet, Nicolas Sarkozy s'est rendu compte (il n'est jamais trop tard, dit-on !) qu'il perdait pieds avec sa base, essentiellement populaire. Qu'à ce rythme-là, il perdrait en 2012 (si ceci m'est égal sur le fond, je ne veux pas de la gauche au pouvoir... le choix est donc vite fait entre Sarkozy et n'importe quel candidat de gauche). Les évènements inadmissibles qui se sont déroulés à Grenoble (suite à la mort d'un braqueur multirécidiviste très apprécié des « jeunes de la cité de La Villeneuve », Karim Boudouda, lequel avait échangé des coups de feu avec la police) et à Saint-Aignan (où il a même fallu faire intervenir l'armée pour dissuader les Gens du voyages de continuer à sacager la ville) ont donné l'occasion au Président de montrer qu'il se souvenait de ses engagements pris trois ans plus tôt. Prenant le taureau par les cornes, il a multiplié les annonces (encore !) et a promis des actions (enfin ?).

Quelques jours plus tard, un sondage effectué par IFOP pour Le Figaro, montrait l'énorme adhésion des Français aux mesures proposées par le Président de la République. A tel point que l'on a parlé de « plébiscite » à droite, de « manipulations » et de « mensonges » à gauche (ce qui bizarrement n'est dit que lorsqu'un sondage est favorable au Président ; lorsque celui-ci lui est défavorable il n'y a là pas matière à redire bien entendu...). Examinons les mesures soumises lors de ce sondage, donc.

Les Français approuvent à 55% l'emprisonnement de parents de mineurs délinquants. Personnellement, j'y vois une bêtise, tout simplement parce que l'on ne peut pas emprisonner quelqu'un pour un fait qu'il n'a pas commis. Cela donnera en plus une nouvelle arme pour que ces délinquants puissent faire pression sur leurs parents : « Zy'va daronne ! Me fait pas ièch ou je fais une connerie et tu vas en taule ! » Désolé pour l'absence de traduction nécessaire. La voici : « Attention maman. Ne t'avise pas à me donner des ordres ou à me demander de te rendre un service, sinon je commettrai une infraction judiciaire et tu te retrouveras en prison selon la proposition du député Éric Ciotti. » En résumé, je suis sur ce point en désaccord avec la majorité de mes compatriotes.

Ils sont 67% à soutenir l'installation de 60 000 caméras de vidéosurveillance supplémentaires d'ici 2012. Pour ma part, cela m'est égal. Je ne m'y oppose pas, comme ne le réclame pas. La vidéo n'a qu'un caractère dissuasif limité et ne peut, au final, qu'aider les forces de l'ordre à identifier les individus coupables d'infraction à la loi républicaine.

De même, 80% des Français sont favorables à une peine de prison incompressible de 30 ans pour ceux coupables d'atteinte à la vie d'un police ou d'un gendarme. Je pense pour ma part que l'on devrait étendre la proposition à toute atteinte à la vie d'un représentant de l'État. Non. À toute atteinte à la vie d'une personne. D'ailleurs, je prône la radicalité sur ce point : la perpétuité incompressible. Ce n'est qu'ainsi que l'on aura remplacé la peine de mort. Je m'explique de suite. Je suis bien sûr opposé à la peine de mort ! Je trouve qu'il s'agit là d'une sanction barbare, sans retour possible, et indigne de la France, dont nous connaissons l'Histoire qui est celle de la défense de la liberté et de valeurs universelles (allez un jour sur la tombe du Général de Gaulle et vous comprendrez ce que je dis). Cependant, cette peine de mort que l'on a aboli, il faut bien la remplacer, ou alors on passe d'un extrême barbare à l'autre laxiste. La possibilité d'une perpétuité incompressible me semble dès lors être une bonne alternative, par ailleurs moins risquée que les peines de sûreté actuelles, sachant le taux de récidive de ces personnes. C'est horrible ? Non. C'est douloureux, c'est long. Mais il faut aussi assumer les conséquences de ces actes.

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Les résultats du sondage publié par Le Figaro, plébiscistant les annonces de Nicolas Sarkozy

Enfin, à la vue de ces résultats, personne ne s'étonnera que les Français soient à 89% en faveur du contrôle par bracelet électronique des délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années, après qu'ils aient purgé leur peine. Que les Français soient à 79% pour le démantèlement des camps de Roms, lesquels sont en irrégularité sur notre territoire ne bénéficiant pas d'un permis de séjour (jusqu'en 2014, après s'appliquera Schengen...) et sont d'ailleurs souvent compromis dans des affaires de vols, cambriolages, vagabondages et racolages. Il est à noter que le sondage différencie Gens du voyage, des Roms et c'est heureux. Bien que je sois fermement opposé à la loi de 1990 instituant le droit au voyage permanent, je n'amalgame pas les Gens du voyage, Français depuis plusieurs générations, parfaitement légitimes sur notre sol, et les Roms qui sont originaires d'Europe centrale et balkanique et ne sont donc pas autorisés à demeurer en France.

Les Français favorables aux déchéances de nationalité

Arrive alors la surprise : 70% des Français sont favorables au retrait de la nationalité française des délinquants d'origine étrangère en cas d'atteinte à la vie d'un policier ou d'un gendarme. Et 80% des sont de manière identique favorables à la déchéance de nationalité des Français d'origine étrangère coupables de polygamie et d'excision. Une véritable révolution culturelle ! C'est à dire que même la gauche approuve ces mesures, à respectivement 50% et 62%. Est-ce que cela signifie que 80% des Français sont des « fascistes » ou des « nazis » comme l'affirme Michel Rocard (c'est fou cette propension à insulter en permanence l'opinion du Peuple français, lorsque celui-ci pense différemment d'une certaine élite) ? Assurément pas. Les Français sont simplement exaspérés, je le crains, comme je l'ai si souvent répété. Nous arrivons simplement au moment où la goutte d'eau a fait déborder le vase.

Ils se disent que l'insécurité augmente ou qu'en tout cas celle-ci se fait plus agressive et a changé de nature. Ils se disent que des années et des années de laxisme au niveau de l'immigration, de laisser-faire pour le plus grand profit du patronat qui y voit un moyen d'entretenir le chômage de masse et la pression à la baisse sur les salaires (l'extrême-gauche est de ce point de vue l'idiote utile du capitalisme financier), donne aujourd'hui lieu à une situation de plus en plus inquiétante. De nombreuses fois, j'ai entendu des gens craindre la possibilité d'une guerre civile en France. Impensable me disait-on, il y a trente ans, alors même que la gauche arrivait au pouvoir et que l'on disait partout (sans aucune fondement puisque François Mitterrand a au contraire été le premier Président de la République a nous réengager sur la voie de l'atlantisme après de Gaulle) que les chars soviétiques défileraient bientôt sur les Champs-Élysées.

Bien sûr, personne ne croit que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy et qui seront présentées au Parlement en septembre suffiront à juguler la délinquance. En fait, chacun sait qu'elles seront inefficaces. Ce n'est pas tant que l'on doute que le Président aille jusqu'au bout, celui-ci ayant bel et bien affirmé qu'il ne cèderait rien sur la déchéance de nationalité. C'est juste que ces mesures s'attaquent avant tout aux conséquences et non aux causes : celles-ci sont le communautarisme ethnique voulu ou non dans les banlieues qui empêche l'assimilation à la France, le démantèlement depuis 35 ans de l'école républicaine ferment de l'assimilation à la française, la déconstruction des programmes d'Histoire de France à tel point que Napoléon et Louis XIV seront à partir de la rentrée (comme le prouve cet article de La Dépêche du Midi) exclus de ceux-ci aux profits des « civilisations » Songhaï et Monomotapas (qu'il y ait de plus en plus d'élèves dont la famille est originaire de l'Afrique noire n'est bien sûr pour rien dans leur inclusion à nos programmes d'Histoire), le chômage de masse qui empêche l'intégration à la société par le travail et engendre misère sociale donc repli identitaire et criminalité, la suppression du service militaire qui permettait un brassage social quelques soient les classes ou les origines... la liste est longue.

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Dans quelques décennies, si le programme reste inchangé, nos descendants ne sauront plus qui est Napoléon pourtant un de nos personnages d'Histoire préféré après le Général de Gaulle

Les premières mesures concrètes résultant du débat sur l'identité nationale

C'est surtout que les deux mesures concernant la déchéance de nationalité ne sont pas de nature à résoudre le moindre problème d'insécurité. Et pour cause. Il s'agit d'une mesure d'identité nationale, au même titre que la loi interdisant le voile intégral : le débat sur l'identité nationale ne sera donc pas resté sans effet finalement. D’ailleurs, on ne peut que s'amuser devant les menaces de déchéance de la nationalité pour des « racailles » qui crachent sur la France (qu'ils « niquent » au passage... tout en brûlant son drapeau) et les Français (qu'ils « baisent »... bah oui, les Françaises sont toutes des « putes » et les Français des « pédés ») et se moquent totalement de perdre une nationalité française dont ils n'ont jamais voulu, si ce n'est pour son généreux système social.

En vérité, il s'agit juste de revenir à un état du droit pénal français antérieur à 1998 et la funeste réforme Guigou. Nul besoin d'agiter le chiffon rouge de Vichy ou du nazisme ! Cessons de jouer aux vierges effarouchées en feignant de croire que tous les Français d'origine étrangère pourraient être concernés ! Bien qu'ayant un nom à consonance étrangère, un grand-père qui fut musulman, de la famille qui est musulmane, je ne me fais aucun soucis pour moi et ma famille. Pourquoi ? Parce que je respecte la loi, parce que nous respectons la loi, la France et ses valeurs et que nous ne sommes pas des délinquants. S'ils veulent garder leur nationalité française (ce dont je doute puisque ces gens n'aiment pas la France), il leur suffira de cesser leurs agissements inqualifiables. On s'offusquera évidemment d'une rupture de l'égalité de traitement entre les Français. Mais Mme Guigou a visiblement jugé bon de la conserver : actuellement, certains cas de déchéance de nationalité sont autorisés (terrorisme, atteinte à la sûreté et aux intérêts vitaux de l'État, etc.) à condition de ne pas faire d'apatrides. De fait, seules les personnes ayant la double nationalité (donc étant d'origine étrangère) peuvent être déchue de la communauté nationale. Il n'y a donc pas d'innovation vichyste de la part du Président de la République, un simple retour au droit d'il y a douze ans. C'était alors Jacques Chirac le Président et Lionel Jospin le Premier ministre. Vichy est loin...

Celui qui est devenu Français uniquement par naturalisation ou naissance sur notre sol a le devoir de respecter notre culture, nos valeurs, notre Histoire, notre langue et nos institutions. On ne peut être une Nation de droit du sol et être laxiste sur ces points. Au contraire ! Le fait d'être une Nation de jus soli nous oblige à une bien plus grande intransigeance sur nos principes, nos valeurs, nos fondamentaux, que si nous étions une Nation de jus sanguinis !

Peut mieux faire encore...

Pour ma part, chers lecteurs, si vous m'avez déjà lu, vous savez que, bien qu'approuvant ces deux mesures, je les trouve insuffisantes. Considérant pour ma part que la France est la « Nation civique » par excellence, telle que la définit Renan (par opposition à la « Nation raciale » qu'est l'Allemagne d'alors), qu'elle se fonde sur des valeurs, des principes, des fondamentaux, un modèle et sur l'adhésion, il y a impossibilité de cumuler plusieurs nationalités, plusieurs allégeances. Ou bien l'on est seulement Français, ou bien l'on est pas Français. Sinon, où va la primeur de l'allégeance ? Y-a-t-il réelle adhésion aux valeurs de la France ? La question restera toujours posée. Je pense donc qu'interdire la double nationalité serait bien plus simple (ce qui aurait comme avantage non-négligeable de forcer Rama Yade à choisir entre la France et le Sénégal, et permettrait donc de l'exclure – enfin ! – du gouvernement : pardon pour la digression). Je pense également que revenir à la législation Pasqua de 1993 dont la principale mesure était de soumettre l'obtention de la nationalité française à une « manifestation de volonté » à 18 ans serait une bonne décision. L'adoption de telles mesures rendraient inutiles et même impossibles les déchéances de nationalité, puisqu'il est impossible de faire des apatrides, ce qui se comprend. Mais il va de soi que même si le gouvernement adoptait cette politique, tout ceci serait inutile tant qu'il ne se déciderait pas à lutter véritablement et avec efficacité contre l'immigration illégale et à limiter sa politique d'immigration choisie par trop ouverte (à tel point qu'elle entretient le chômage dans cette période de crise). L'immigration représente, au passage, un coût annuel phnéoménal pour la France, de plus de 30 milliards d'€... de quoi permettre de faire quelques économies pour alléger notre dette publique ou équilibrer le régime des retraites.

A l'heure où le Comité pour l'élimination des discriminations raciales de l'ONU, composé en majorité de pays ne respectant pas les droits de l'Homme tels le Pakistan, la Libye, la Turquie, entend faire la leçon à la France sur son prétendu racisme (un comble lorsque l'on sait que la liberté religieuse et les droits des femmes sont inexistants au Pakistan, en Libye, en Arabie Saoudite et très limités en Turquie, sans parler de la liberté de la presse !), le gouvernement réaffirme ne pas vouloir céder. Nicolas Sarkozy a raison. Après avoir tant annoncé, il faut qu'il aille au bout. A défaut, il serait perdant sur tout les tableaux. Nicolas Sarkozy semble l'avoir compris et c'est sa chance s'il veut être réélu en 2012. Son ultime chance.