Ça y est ! Après un insoutenable suspense qui aura duré six mois, après un concours de celui qui saura se montrer le plus séduisant – et la plus grosse carpette – auprès du président de la République, telle une « Star Academy » des postes gouvernementaux où seule une personne pourrait voter – Nicolas Sarkozy, la sentence est enfin tombée : François Fillon reste Premier ministre et, déçu, Jean-Louis Borloo ne fera pas partie du prochain gouvernement, préférant retrouver « sa liberté de proposition et de parole aux services de ses valeurs, qui ne sont pas de circonstances » (étrange charabia...). Tout ça pour ça ? Je me saurai au moins attendu à voir Jean-Louis Premier ministre, avec la proposition fracassante d'y associer en Ministre d'État notre ami François Bayrou, avec Dominique Strauss-Kahn en tant que Ministre de l'Économie et des Finances (et d'État tant qu'à faire, c'est meilleur pour la retraite). Là, non, c'est plutôt on prend les mêmes (à des endroits différents) et on recommence ! Après tout on ne change pas une équipe qui gagne (oui, mais est-ce que l'on gagne vraiment, là ?). Non, mais je ne vais pas être hypocrite... je préfère François à Jean-Louis : plutôt le fan de corrida que l'alcoolique, il ne faut tout de même pas aller trop loin !

Franchement, le président de la République aurait pu nous épargner un tel spectacle pour le moins pitoyable, lequel nous a fait replonger dans les affres les plus détestables de la IVe République (la si justement « Mal-Aimée »). Lorsque l'on se prétend l'héritier du Général de Gaulle, ne vaudrait-il pas mieux s'attacher à préserver les pratiques de la Ve République, Monsieur le Président et éviter tout « vacance » du pouvoir (je mets des guillemets car, je reconnais que les affaires courantes étaient rendues) ? Sinon, puisque vous en êtes encore aux consultations, je vous annonce mon refus d'entrer au gouvernement pour le moment (oui, je sais, vous vous en foutez royalement, vous ne savez même pas qui je suis). Enfin bon, si vous me proposez, je réfléchirai quand même, parce que bon, les avantages et l'indemnité c'est pas si mal en fin de compte... Et puis, je suis Français, alors l'esprit de cour ça me connait, comme dirait votre ami Dominique Galouzeau de Villepin, qui ne vous a pas épargné hier soir d'ailleurs.

Plus sérieusement, il serait temps de se remettre au travail, Monsieur le Président... Et d'arrêter les petits marchandages et autres courses aux portefeuilles et autres affaires d'épiciers que la Constitution de 1958 était censée avoir éliminé. Preuve encore une fois que, dans notre pays plus que dans aucun autre certainement, peu importe les institutions lorsque la classe politique n'est pas au niveau (oui, désolé, je suis méchant, mais je ne vous trouve pas au niveau... il faut dire que pour moi, le niveau c'est de Gaulle, alors vous comprenez...). Le problème, contrairement à ce que ceux qui prônent la VIe République disent, ce n'est pas le régime : ce sont les hommes. Qu'ils s'en aillent tous ? Il n'a peut-être pas si tort, Jean-Luc Mélenchon... Mais allons bon, que m'arrive-t-il, voilà que je flirte avec le « Le Pen de gauche » (dixit le si honnête Jean-Paul Huchon, par ailleurs mis en examen pour abus de biens sociaux), ça ne va vraiment pas. Bon, allez, une petite séance de Daniel Cohn-Bendit en consultant sportif sur Canal + pour me remettre dans le droit chemin de l'européisme et du politiquement correct ! Je vous promets que je ne recommencerai plus...