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Le blog d'un patriote

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16 mars 2012

Conférence à l'École de guerre économique

Je me fais très rare sur le blog depuis voilà dix mois, et cela ne risque pas de s'arranger, soyez-en certains. En effet, conscient avec quelques autres élèves de Sciences Po Rennes, que l'unité faisait la force, notamment lorsque l'on est en infériorité numérique (et croyez bien que nous sommes minoritaires dans notre Institut), nous nous sommes réunis au sein du Cercle Raymond Poincaré, dont voici la présente Charte.

C'est l'occasion pour moi de vous faire part de la tenue d'une conférence à laquelle je suis invité et qui se tiendra à l'École de guerre économique, ce lundi 19 mars à 18 heures 30, au 171, rue de Grenelle, Paris VIIe (amphithéâtre Grenelle). J'y serai présent avec l'un de mes compagnons du Cercle.

Cette conférence est une « initiative citoyenne européenne » sur le thème de « Nous voulons un protectionnisme européen », à l'initiative de l'association Manifeste pour un débat sur le libre-échange, du Forum Démocratique et l’EGE elle-même. Des candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants seront présents, ainsi que les économistes, Erik Reinert, Jacques Sapir, Hervé Juvin, Gabriel Colletis, Claude Rochet, Philippe Murer et Philippe Arondel. Voici le programme de la présente conférence :


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Elle débutera par la présentation de l’œuvre d’Erik Reinert, par Claude Rochet, traducteur et préfacier.

La première tables rondes abordera la question « Peut-il y avoir un protectionnisme intelligent ? » avec des interventions de Erik Reinert (en anglais avec traduction simultanée), Jacques Sapir et Hervé Juvin. La second traitera du sujet « Protectionnisme, l’inévitable débat » avecPhilippe Murer, Gabriel Colletis et Philippe Arondel. Cela se finira par une présentation de l'initiative citoyenne européenne sur le protectionnisme européen et un accueil des candidats à l’élection présidentielle ou de leur représentants qui répondront à la question « Qu’est-ce qu’un protectionnisme intelligent? »

 

Pour s’inscrire envoyer un email à conf.protectionnisme@gmail.com.

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1 mai 2011

Laurent Blanc n'est pas raciste

Que reproche-t-on à Laurent Blanc exactement ? C'est la question que l'on est en droit de se poser. Car l'homme est cloué au pilori médiatique depuis trois jours pour avoir osé poser le problème des binationaux (et accessoirement des critères de sélection et détection des jeunes joueurs). Je ne reviendrai pas sur tous les aspects et toutes les polémiques latérales à cette polémique centrale, comme le fait que les centres de formation de l'OL et de l'OM feraient de la discrimination ethnique, chose parfaitement censée si l'on regarde quelques-uns des derniers joueurs qu'ils ont sortis, tous bien blancs évidemment : Sidney Govou, Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, ou encore Alexandre Lacazette pour Lyon ; Samir Nasri, André et Jordan Ayem pour Marseille. De même, je ne rentrerai pas dans le débat de la sélection des jeunes joueurs censés être nos futurs « grands », laquelle se fait trop tôt à mon avis, et sur des critères biaisés, privilégiant la puissance physique et l'explosivité sur la technique, la créativité et l'intelligence. Combien de joueurs comme Franck Ribéry et Mathieu Valbuena, boudés par les centres de formation, et qui ont dû végéter après dans de petits clubs amateurs ou de National, sans avoir eu la chance comme les deux cités auparavant d'être repérés, l'un par Metz, l'autre par Marseille ? Enfin, je ne reviendrai pas sur la suspension hâtive dont a été victime le Directeur technique national (DTN) François Blaquart alors même que l'enquête ne fait que commencer.

 

Non, je ne rentrerai pas dans le débat, je ne commenterai pas cela, et m'en tiendrai aux seuls propos tenus lors de la réunion de la Direction technique nationale (DTN encore une fois) où était présent Laurent Blanc, le 8 novembre 2010. Ces propos rapportés par Mediapart – le journal du célèbre Edwy Plenel, vous savez... l'homme qui s'extasie devant les nationalistes corses du genre Jean-Guy Talamoni mais n'a pas de mots assez durs pour les républicains souverainistes qu'il insulte de « néos-réacs » – je les ai lu sur le site du journal sportif L'Equipe (je n'allais tout de même pas donner de l'argent à Mediapart pour lire un extrait que je pouvaire lire dans tous les journaux de manière gratuite). Voilà ce qu'il s'est dit (article en entier, disponible ici) :

 

Erick Mombaerts : Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?

Laurent Blanc :Moi j'y suis tout à fait favorable. Sincèrement, ça me dérange beaucoup (...) A mon avis, il faut essayer de l'éradiquer. Et ça n'a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l'équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu'après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément.

Erick Mombaerts : Donc il faut 30% ? Un tiers de gamins qui peuvent changer (de nationalité, ndrl) ?

François Blaquart : Même pas. On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.

Francis Smerecki : Si le mec a envie d'être international, c'est quand même normal qu'il aille vers un pays où il va pouvoir jouer. Je pense que c'est humain quand même ! (…) Première chose, c'est discriminatoire (…) Ce qui me gêne sur le fond, c'est (qu'il y a) celui qui a la possibilité d'être français-français et d'aller avec Laurent, et celui, parce qu'il n'a pas assez d'aptitudes et de talent pour aller avec Laurent et qui va aller dans un autre pays, et c'est celui-là que vous voudriez éliminer. C'est impossible.

François Blaquart : C'est pas forcément l'éliminer.

Francis Smerecki : Le limiter ? Ça veut dire que vous allez garder lesquels ? Les blancs ? Les moins bons ?

Laurent Blanc : On veut pas éliminer les étrangers, pas du tout, mais faire en sorte que les pôles Espoirs ou les pôles de la DTN testent sur des critères mieux définis pour pouvoir attirer d'autres personnes, parce que si on a toujours les mêmes critères, y aura toujours les mêmes personnes (...) Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks. Et c'est comme ça. C'est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formation, dans les écoles de football, ben y en a beaucoup (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas".

Erick Mombaerts : Est-ce qu'on peut essayer de proposer avant la fin de l'année un projet (...), s'attaquer à quelques croyances bien établies, notamment le jeu, au détriment peut-être de l'individu. Mais le jeu, forcément, ça va être d'intégrer d'autres types de joueurs. Parce que le jeu, c'est l'intelligence, donc c'est d'autres types de joueurs.

 

La discussion s'arrêta là. Que conclure dès lors à l'issue de cette réunion qui tente avant tout de résoudre des problèmes techniques ?

Premièrement, que, contrairement à ce que dit Mediapart, le premier à mettre sur la table la question raciale est Francis Smerecki, qui considère comme normal qu'un joueur puisse aller jouer pour une autre équipe nationale alors qu'il a fait toutes ses gammes pour la France en jeunes.

Deuxièmement, que Laurent Blanc continue de s'opposer à la réglementation actuelle de la FIFA – rédigée afin que Monsieur Sepp Blatter puisse tranquillement être réélu à chaque fois dans un fauteuil – autorisant des joueurs à jouer pour une équipe nationale d'un pays dont ils sont originaires (peu importe que cela soit de par leurs parents ou leurs arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-parents) alors même qu'ils ont déjà joué pour l'équipe nationale du pays où ils vivent et ils sont nés, y compris chez les A lorsqu'il ne s'agit que d'un amical. Doit-on rappeler qu'il l'avait fait publiquement il y a peu de temps sur le plateau du Canal Football Club, et qu'à l'époque personne n'avait hurlé au scandale ?

Troisièmement, que Laurent Blanc est toujours déterminé à privilégier la technique, l'intelligence de jeu et la créativité sur le physique, la seule puissance et la force. Comment peut-on être admiratif du jeu de l'Espagne et se plaindre que Laurent Blanc souhaite que la France renoue avec un jeu digne de son rang footballistique (pour rappel, une Coupe du monde plus une place de finaliste, deux Euros, deux Coupes des confédérations et une médaille d'or aux Jeux Olympiques...) ? Devrait-on continuer de ne sélectionner que le même type de joueurs afin d'être sûrs que l'on ne hurlera pas à la discrimination raciale ? Doit-on poursuivre Laurent Blanc pour préférer le beau jeu chaloupé par rapport à l'anti-jeu digne d'un match du Real Madrid version José Mourinho ? Et pourquoi alors, n'a-t-on pas poursuivi Anne Lauvergon lorsqu'elle disait qu'elle ne voulait plus de « mâles blancs » dans les conseils d'administration lors d'une intervention au Women's Forum?

Quatrièmement, les propos utilisés sont plus que maladroits, parfois choquants il est vrai, et montrent que l'on a pas affaire à des professionnels de la communication. Cependant, ne s'agissait-il pas d'une réunion interne, et donc non-soumise aux impératifs de celle-ci ? Avoir un langage direct et cru permettait peut-être de ne pas se perdre dans des circonvolutions qui n'auraient fait qu'embuer le débat entre des personnes qui ne sont pas des intellectuels faut-il encore le rappeler. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas avoir lu un seul propos raciste, sinon de la part de Francis Smerecki qui de manière implicite sous-entend que blanc est égal à mauvais dans le football, mais simplement l'évocation d'un constat que chacun peut faire en regardant Jour de Footle samedi soir ou n'importe quel match de l'Équipe de France.

Mais il me reste encore une question : n'est-il pas problématique que de telles informations aient pu fuiter dans la presse (à l'image de ce qu'il s'est passé à Knysna) ? Et la personne qui a donné ces informations, n'aurait-elle pas dû avoir le courage de ses opinions, démissionner et convoquer la presse pour dénoncer ce qu'elle n'approuvait pas plutôt que de continuer à profiter de la rémunération que lui donne la Fédération française de football (FFF ou encore 3F) ?

 

Finalement, la meilleure réponse, c'est encore Laurent Blanc qui la donna par ce communiqué :

« Je ne retire rien aux propos que j'ai tenus hier. Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j'ai participé n'avait évidemment pas pour objectif de «diminuer le nombre de noirs et d'arabes dans le football français» comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l'article, mais uniquement d'envisager le futur du football français et donc d'aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu.

Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c'est l'évidence, mais il n'y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité.

Mon seul souci est d'avoir de bons joueurs pour une bonne Équipe de France, qu'ils soient petits ou grands, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs ascendances.

C'est assez facile à comprendre sauf, apparemment, pour ceux qui, pour des motifs qui m'échappent, mais avec des procédés douteux, mélangent tout et font un mal considérable, et pas seulement au football français. »

 

Que dire après cela ? Juste qu'il a raison sur toute la ligne et que l'on ne peut être que d'accord à 100% avec lui. Avec ses collègues de la DTN, il a tenté de poser le problème des binationaux formés par les instances fédérales (en plus des critères de sélection) qui s'en vont ensuite jouer pour d'autres sélections nationales (pour des raisons X ou Y). Mediapart, toujours très bien intentionné comme on le sait (Éric Woerth peut en témoigner), a transformé cela en : « ils ne veulent plus de noirs et d'arabes ». Ce qui est bien évidemment faux. Petite remarque au passage, il est étonnant de voir Mediapart défendre avec tant de vigueur la discrimination positive en politique, dans les médias, dans les entreprises, etc. et faire mine de s'offusquer d'une discrimination positive qui existerai (et qui n'existe même pas) dans le football...

Comment oser dire que Laurent Blanc est raciste ? Qui a nommé Florent Malouda, Alou Diarra et Samir Nasri capitaine ? Qui a fait jouer Karim Benzema même quand il était remplaçant au Real Madrid ? Qu'on me rappelle le nombre de blancs par rapport aux « minorités visibles » en Équipe de France ! Comparons les équipes alignées par Laurent Blanc et les noms des journalistes de Mediapart.

 

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La première équipe alignée par Laurent Blanc lors du match amical Norvège-France (2-1) le 10 août 2010 : 2 blancs, 2 arabes et 7 noirs : alors, raciste, Lolo ?

 

On peut se demander lequel des deux entre Laurent Blanc et Edwy Plenel – le roi des donneurs de leçons, se permettant d'insulter et de mépriser ses interlocuteurs – est le plus raciste après avoir vu cela... La manière d'Edwy Plenel d'accuser ainsi le sélectionneur des Bleus ressemble étrangement aux méthodes des journaux d'extrême-droite de l'Entre-Deux-Guerres qui ont été jusqu'à pousser Roger Salengro au suicide, ministre de l'Intérieur du Front Populaire. Le degré n'est certes pas le même, mais la méthode est similaire.

 

Plus simplement, peut-on se demander sereinement s'il n'est pas anormal de voir la France (par nos impôts, puisque la majorité des revenus de la 3F viennent de subventions étatiques), et le football français plus particulièrement, dépenser des fortunes pour voir d'autres pays qu'ils soient européens, africains, sud-américains, etc. en profiter au final ? La France n'a pas vocation a accueillir toute la misère du monde, et n'a pas non plus vocation à financer toutes les fédérations sportives du monde. Au risque de passer pour un sans-cœur, je vais le dire comme je le pense : je n'en ai rien à faire que les binationaux qui ne jouent pas pour nous n'aient pas eu le talent pour intégrer l'Équipe de France (quoi que ça reste à voir... car des joueurs comme Didier Drogba, Frédéric Kanouté ou encore Moussa Sow auraient largement eu leur place) et ne cherche ainsi qu'à compenser en allant jouer pour des sélections moins performantes. Pour moi, il m'apparaît absolument inadmissible que nous payons (je parle de la FFF, les clubs poursuivant une autre logique sportive) pour former des joueurs qui bénéficieront à d'autres sélections nationales. Cela m'embête que mes impôts servent à ça, car au cas où certains ne le sauraient pas former un joueur de football professionnel coûte cher, très cher, car il est pris dès son adolescence jusqu'à l'âge adulte. Or, la FFF n'a pas vocation à former des joueurs pour le monde entier mais uniquement pour la France. Bien souvent, on oublie que nombre de joueurs ne veulent absolument jouer pour une équipe nationale que dans le but d'augmenter leur valeur marchande lors d'un transfert ou d'une renégociation salariale. Ils agissent donc comme des mercenaires, ce qui venant d'un milieu totalement pourri par l'argent n'est pas très étonnant.

Le cas de Ludovic Obraniak, joueur du Lille OSC n'est-il pas le plus parlant ? Ce joueur, au demeurant relativement bon, ne parle pas un mot de Polonais. Il est né et a vécu toute sa vie en France, seul son grand-père paternel avait quelques origines polonaises. Il a été formé par la FFF et a joué dans presque toutes nos sélections de jeunes. Voyant qu'il n'avait pas le niveau pour jouer pour la France, il a demandé sa nationalité polonaise en vertu du droit du sang qui existe en Pologne et l'a obtenu : en 2009, il a donc pour la première fois de sa vie posé le pied en Pologne pour y jouer avec la sélection nationale. Ne marche-t-on pas sur la tête ? A ce rythme-là, je demande la nationalité algérienne et je peux jouer pour l'Algérie ! Ou alors je demande à jouer pour la Gaule ou que sais-je encore... l'Empire romain ? Bon, il est vrai que comme ces « nations » n'existent plus, ça me sera difficile. Mais vous comprenez l'idée ? Des milliers de footballeurs n'ont pas le niveau pour être internationaux. Et quand dans ce pays il y en a 20, 30, 40, 100 qui sont meilleurs, il est inadmissible de trouver une excuse pour être international et ainsi faire gonfler sa valeur marchande (car c'est tout ce que cherche ce type de joueurs), alors que lorsque l'on joue pour une équipe nationale c'est avant tout le sentiment d'appartenance à une Nation qui compte, non ? Oh loin de moi l'idée de lancer une nouvelle polémique sur le bienfait de l'existence de la pluri-nationalité rendue possible par notre droit (et inévitable par le droit de certains pays d'émigration) !

Protectionnisme footballistique ? Peut-être bien, et j'assume parfaitement. La France sait être généreuse, mais elle n'a pas à être l'idiote du « village global » (comme aiment à dire certains) : celle qui prend des baffes et qui dit merci.

16 mars 2011

J'aurai attendu presque quatre ans...

Pour une fois je suis fier de lui. Je ne pensais pas le dire d'ici la fin de son quinquennat, avant un très (très) hypothétique second mandat pour lui. Mais oui. Aujourd'hui, je peux le dire : j'aurai été fier de Nicolas Sarkozy. Après près de quatre ans de mandature, Nicolas Sarkozy s'est enfin montré à la hauteur de la France, de son histoire et s'est enfin débarrassé de son atlantisme (juste sur ce sujet, entendons-nous !) ; car après avoir reconnu le Conseil national de transition libyen, il en a rencontré les représentants à l'Élysée ce matin. Il a enfin choisi l'« option farfelue » comme le dit si bien François Miclos sur Causeur. Mais qu'est-ce que l'option farfelue justement ? François Miclos encore une fois, la définie bien mieux que moi, je ne peux faire que le citer :

 

« L’option farfelue, c’est la politique de la France ! Elle ne date pas d’hier et court tout au long de l’histoire de France. Malraux l’a théorisée dans les Antimémoires. Elle va de Philippe Le Bel, qui proclame « Roi de France est empereur en son royaume » contre la volonté hégémonique des Impériaux, jusqu’au général de Gaulle qui, en juin 1940, dénombrait parmi ses ralliés les plus farfelus des Français : francs-maçons, juifs, membres actifs d’une petite association bien gentillette qu’on appelait l’Action française, marins de l'Île de Sein. Et Vercingétorix, Du Guesclin, Roland sonnant du cor à Roncevaux, Jeanne d’Arc, Jeanne Hachette, Gambetta mal rasé, mal coiffé, saoul comme un âne du soir au matin, mais levant en six mois une armée de trois cent mille hommes : nous sommes un peuple d’aventuriers. La France, quand elle est fidèle à elle-même, qu’elle a rendu à ses voisins allemands le costard vert-de-gris qui la boudine, est un pays farfelu. »

 

Tout es dit en un paragraphe. Pour une fois, Nicolas Sarkozy s'est montré à la hauteur du costume présidentiel qui est le sien, mais qui paraissait bien trop large et bien trop grand (je vous assure, il n'y a aucune allusion à sa taille !) et il a agit tel qu'il le devait : en président de la République française. Idéaliste, moi ? Certes, oui concernant une certaine idée de la France ! Peut-être, et je l'espère tout à la fois pour lui et pour la France, l'histoire retiendra qu'il aura été le seul chef d'État à tendre la main aux insurgés, comme – toute proportion gardée – Churchill fut le seul à reconnaître la France Libre du Général de Gaulle comme la véritable France – ce qu'elle était – quand toutes les autres nations reconnaissaient l'autorité, dite « gouvernement français », de Vichy, c'est-à-dire la fausse France.

 

Llibye_dit_merci « Les Libyens disent merci à la France pour son soutien »

 

Aujourd'hui, alors même que le fils Kadhafi affirme avoir financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 (comme si le président de la République était si bête qu'il ne pouvait comprendre qu'en lâchant Kadhafi celui-ci se vengerait ainsi, si c'était vrai... et quand je pense que certains accordent plus de crédit aux propos d'un des fils d'un dictateur sanguinaire qu'à ceux d'un dirigeant, qui plus est le nôtre, élu démocratiquement !), il faut cependant aller plus loin, comme l'a si bien dit David Desgouilles. Après avoir bombardé la capitale d'un allié traditionnel, comment pourrait-on avoir peur de bombarder avec nos avions quelques bases militaires et aériennes ? En 1939, lorsque la Pologne fut envahie et que, la première, la Grande-Bretagne a déclaré la guerre à l'Allemagne nazie, entrainant derrière elle la France, a-t-elle attendue l'aval de la SDN ? Non. Elle a agit (enfin... elle a déclaré la guerre) parce que c'était là son devoir. Aujourd'hui que la France a reconnu le CNT comme l'organe légitime (bien que illégal) de la Libye, elle doit aussi agir. Les Etats-Unis ne sont pas d'accord ? L'Allemagne de Merkel fait des petits calculs d'épiciers trouillards et veut l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU ? Autant condamner à mort les insurgés, car la Russie apposera toujours son veto. La Grande-Bretagne aussi veut agir, peut-être cette fois-ci sera-ce à notre tour de les entrainer derrière nous...

 

« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » avait dit le président du Conseil Paul Reynaud en 1939. Cette fois-ci, nous pouvons réellement le dire. Si la France décide d'engager une flotte aéro-navale, les « loyalistes » seront écrasés. Je ne suis pas un va-t'en-guerre belliqueux, mais je crois qu'il y va de l'honneur de la France, désormais. J'aurai attendu presque quatre ans, mais j'aurai pu dire que sur au moins un sujet j'aurai été fier de la voix de la France qu'est censé incarner Nicolas Sarkozy. Il ne tient qu'à lui de continuer et d'agir comme le veut la tradition française : en farfelu.

6 mars 2011

Qui sème le vent récolte la tempête

Les sondages n'engagent que ceux qui y croient (un peu comme les promesses). Certes, ils sont une photographie de l'opinion publique à un moment donné concernant un sujet précis. Mais ils n'ont rien d'une science exacte. Ainsi, le « coupe de semonce » donnant Marine Le Pen en tête au premier tour de l'élection présidentielle avec 23% des voix devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry (tous deux à 21%) doit être relativisé. Déjà, parce que Dominique Strauss-Kahn, chouchou des sondages et des médias, n'est pas proposé. Ensuite, parce que l'abstention est de 35% (un niveau historique jamais atteint). De plus, parce qu'il y a une multitude de candidatures à droite comme à gauche, et que celles-ci ne sont pas certaines puisque l'on peut se douter que UMP comme PS feront tout pour les empêcher, désormais. A cela, n'oublions pas de rajouter qu'il se peut bien qu'un réflexe de « vote utile » joue pour les électeurs de droite comme de gauche afin d'éviter de voir leur favori se faire éliminer et ainsi permettre à l'autre camp de l'emporter (car ne rêvons pas, Marine Le Pen n'a aucune chance d'être élue). Enfin, le principal élément qui doit nous permettre de relativiser cela est que nous sommes à quatorze mois de la présidentielle de 2012... Quatorze mois avant leur élection, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy étaient donnés battus. De fait, il nous faut prendre avec des pincettes les résultats de ce sondage Harris Interactive pour Le Parisien Dimanche. Cependant, on ne peut nier qu'il y a là de quoi s'inquiéter. Était-ce pour autant imprévisible ? Certainement pas. Pour au moins trois raisons.

 

 

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Le sondage du Parisien montrant Marine Le Pen en tête au soir du premier tour de la présidentielle de 2012

 

 

Des facteurs conjoncturels...

 

A vrai dire, depuis pas mal de temps, je suis persuadé – et je le suis plus que jamais – qu'un des représentants des deux grands partis politiques français et favoris de la présidentielle ne sera pas au second tour et que Marine Le Pen y sera. Reste à savoir lequel sera absent... J'ai ma petite idée, mais je ne la dévoilerai pas pour l'instant, par peur de paraître ridicule dans quatorze mois (surtout que l'on ne sait pas ce qu'il peut se passer d'ici là).

 

En réalité, vu la situation actuelle, il n'y a pas de quoi être très étonné de voir Marine Le Pen si haut dans les sondages. En effet, l'idée de l'UMP de lancer un débat sur l'islam – puis finalement sur la nature et le contenu de la laïcité, par peur de stigmatiser les musulmans – a évidemment favorisé le FN et sa présidente. Si l'initiative peut paraître, selon les points de vue, soit nauséabonde, soit bienvenue, elle ne pouvait jouer qu'en défaveur du PS et de l'UMP. Du PS, parce que quoi qu'il en dise, les Français ont des inquiétudes concernant la deuxième religion de France et que ce n'est pas en niant cette réalité, en faisant comme si tout allait très bien, qu'ils réussiront à attirer les électeurs, et plus particulièrement l'électorat populaire, à eux. De l'UMP, parce que c'est le parti majoritaire, qu'il est au pouvoir depuis 2002, qu'il a eu donc neuf ans devant lui pour débattre puis agir... et surtout pour agir. Car ce que l'on demande à la majorité au pouvoir c'est d'agir pas de débattre. Un gouvernement n'a pas à organiser de débats, ce n'est pas son rôle. D'autant que le terme de « débat » a pu paraître inquiétant pour son propre électorat, induisant la possibilité que l'État pourrait faire de nouveaux « accommodements raisonnables » (comprendre « compromissions ») et revenir sur certains principes laïcs et républicains pour un peu plus s'enfoncer dans le communautarisme. Bien que, depuis, le président de la République comme le Premier ministre aient clairement fait comprendre, ainsi que le patron de l'UMP Jean-François Copé, qu'il n'en était pas question, le doute s'est insinué dans l'esprit d'une partie de leurs électeurs, prêts à se tourner dès lors vers celle qui ne cesse de dénoncer « l'islamisation de la France », à savoir Marine Le Pen. En 1806, l'État n'avait pas organisé de débat pour forcer les juifs de France à s'assimiler et à conformer leurs principes religieux à ceux du Code Civil. Il l'avait imposé, de force, se considérant dans son bon droit. Mais n'est pas Napoléon Ier qui veut...

 

Par ailleurs, second facteur conjoncturel, mais qui est de grande importance : les révolutions arabes. En effet, il apparaît aujourd'hui, de manière plus en plus flagrante, qu'il existe un véritable risque d'immigration massive en provenance des pays d'Afrique du nord – et d'Afrique en général, puisque ces pays empêchaient les immigrés en provenance d'Afrique subsaharienne de remonter jusqu'en Europe et en France. Or, voilà qui fait évidemment peur aux Français. Et Marine Le Pen sait jouer sur cette peur, n'hésitant pas à surenchérir ou fabuler sur le nombre d'immigrés qui pourraient arriver (plusieurs millions en quelques jours, selon elle). Et cela marche, comme le dit bien dans son sondage, Jean-Daniel Lévy. D'où la volonté de Paris de maitriser au mieux cette possible nouvelle vague migratoire et de prendre des mesures coordonnées – notamment avec l'Italie – pour éviter ce risque.

 

 

et une lame de fond

 

Cependant, il existe un véritable mouvement en faveur de Marine Le Pen, qui n'est pas lié à la conjoncture, mais se révèle structurel. En effet, on peut remarquer depuis plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années, un véritable rejet du « système » par les Français. Rejet de la mondialisation soi-disant « heureuse » (quand elle se traduit par des régressions sociales et une désindustrialisation pour nos compatriotes), rejet de l'Union européenne supranationale, technocratique et élitiste, scepticisme de plus en plus marqué et réel concernant les mesures de sauvetage de l'€ (que de plus en plus de Français voient comme facteur d'inflation, de chômage et de stagnation économique), rejet du multiculturalisme bienheureux que l'on a voulu nous imposer alors qu'il est contraire à notre tradition (l'histoire montrant que, si l'uniformité culturelle de notre pays n'a jamais existé, le Peuple français a toujours eu du mal à accepter les grandes divergences en son sein). Or, Marine Le Pen ne cesse de dénoncer la mondialisation financière, l'Union européenne apatride, l'€ condamné à mourir à terme à moins que l'on ne décide de tuer les Peuples et le multiculturalisme qui ferait que les Français seraient désormais étrangers dans leur propre pays. Et cela est bien plus inquiétant pour les partis traditionnels. Car ni le PS ni l'UMP n'ont jamais remis en cause leur adhésion totale à la mondialisation, à l'européisme, à l'€ et à une certaine forme de multiculturalisme (bien que l'UMP semble quelque peu évoluer – en façade seulement ? – sur le dernier point). De fait, il leur sera très difficile de faire reculer Marine Le Pen et le FN sans revenir aux fondamentaux républicains et sans renoncer à une partie du corpus intellectuel qui structure leur pensée politique depuis près de quarante ans. En sont-ils capables ? Rien n'en est moins sûr. Mais qu'ils fassent attention, car qui sème le vent récolte la tempête.

14 janvier 2011

Le monde en 2050 ? Je sais ce qu'il sera !

Avez-vous entendu parler de PricewaterhouseCooper ? Non ? Eh bien, vous ne vous en porterez pas plus mal ! Il s'agit d'une société de conseil et d'audit. Jusque là, rien de très croquant à se mettre sous la dent. Jusqu'à ce que je lise cet article. Car « PWC » (pour les intimes), entend prédire l'ordre économique mondial en 2050, alors mêmes que personne ne fut capable de prévoir l'ordre économique de 2010 correctement (certains se rappellent-ils encore qu'en 1980, on voyait l'URSS être devant les États-Unis et le Japon en première puissance mondiale ?), et encore moins la crise économique et sociale qui nous est tombée dessus en 2008...

Ainsi, on nous apprend, avec tout le sérieux qui soit, que la France ne sera plus que au onzième rang économique mondial avec 5 344 milliards de $, contre le cinquième actuellement (2 649 milliards de $), derrière le Royaume-Uni (5 628 milliards de $), actuelle sixième puissance économique mondiale avec 2 175 milliards de $, en terme de produit intérieur brut nominal (oui, parce que franchement, le PIB à parité de pouvoir d'achat, c'est vraiment n'importe quoi alors que la puissance d'un pays par rapport à un autre se compare en terme de taux de change, c'est-à-dire en PIB nominal). À noter que la banque britannique HSBC était bien plus sympathique avec nous puisqu'elle nous offrait un royal... neuvième rang... trois rangs derrière le Royaume-Uni qui, on ne sait pourquoi, parviendrait à se maintenir à son sixième rang (sauf que HSBC veut croire encore que sa chère Patrie est cinquième alors que désolé, non, vraiment désolé, mais les « froggies » sont repassés devant en 2008). De fait, j'ai bien ri en lisant l'article et j'espère que vous en ferez autant !

Ridicule, cet article l'est dès le départ, donc. Et ça ne s'arrête pas là. Actuellement, la France a presque 500 milliards de $ d'avance en terme de PIB sur sa meilleure ennemie d'Outre-Manche, laquelle est en réalité talonnée par l'Italie (2 113 milliards de $ de PIB pour nos amis transalpins). Or, qui peut croire qu'en coupant drastiquement dans les dépenses publiques, en augmentant férocement les impôts, comme le fait l'actuel cabinet conservateur de David Cameron, au point que ce soit 100 milliards d'€ de purge budgétaire que vont subir les Britanniques en trois ans, il soit possible de maintenir une croissance forte ? Il est vrai cependant que le Royaume-Uni n'a pas sur le dos le poids de l'€ et qu'elle peut dévaluer en toute quiétude sa £...

Mais le plus drôle, c'est encore lorsque PWC nous annonce que la France va connaître en quarante ans, un accroissement démographique de seulement 0,2%, passant ainsi de 65 447 374 habitants aujourd'hui à seulement 65 578 269 en 2050. Ainsi, les voilà encore plus pessimistes que l'INSEE, laquelle ne nous prévoit que 70 millions d'habitants, quand la majorité des démographes parient sur environ 75 millions. Mais que se serait-il donc passé en France pour que nous soyons si peu nombreux alors que nous avons la plus forte démographie d'Europe (Irlande exceptée) ? Une guerre civile ? Une épidémie ? Le retour de la Peste Noire ? Mystère et boule de gomme... D'autant plus surprenant que le Royaume-Uni, on ne sait pourquoi, aurait une croissance démographique de 0,3% sur la même période, passant donc de 61 335 234 à 61 519 240 habitants. Bon, ce n'est pas bien glorieux non plus, mais chez eux, ça peut s'expliquer, puisque leur taux de fécondité n'étant que de 1,8 environ (contre 2,01 en France) il n'est pas suffisant (le taux suffisant étant de 2,1) pour renouveler les générations sans faire appel à l'immigration. Il n'empêche, qu'on m'explique comment le Royaume-Uni aurait fait pour nous mettre 800 milliards de $ (de -500 à  +300) dans la vue en 40 ans, en menant une telle politique ultra-libérale et en ne parvenant pas à combler son retard démographique ? Là, aussi, il n'y a pas de réponse.

Moi aussi, je veux jouer à Madame Soleil !!!

Donc, après tout, puisque Pricemachinchouette s'amuse à jouer aux devins, pourquoi ne pourrai-je pas le faire également ? Ainsi, je vous annonce donc mes prévisions économiques pour 2050 pour les principaux pays, parce qu'il n'y a pas de raisons que je ne puisse pas, moi aussi, m'amuser à vous débiter des conneries :

  • La France : elle sera devenue le premier pays européen en nombre d'habitants avec une population de 77 millions d'habitants, l'immigration n'ayant été que peu contrôlée comme dans les décennies précédentes et venant s'ajouter au solde positif des naissances. Décrochant ainsi ses voisins européens, profitant d'un PIB/habitant historiquement supérieur à celui de l'Allemagne, de la deuxième superficie maritime mondiale qui en fait le cinquième pays le plus grand du monde surface terrestre et maritime confondue, de l'abandon de l'€ en 2013 lui permettant des dévaluations compétitives fondées sur un cycle inflation-désendettement-relance des exportations, et enfin d'un modèle social pas si idiot que cela lui assurant une croissance stable aux alentours de 2,5% à partir des années 2020, elle aura repris la place qui lui sied le mieux, celle de première puissance européenne, à partir de 2042. Cependant, bien que le budget sera enfin équilibré, et le chômage stabilisé aux alentours des 6% à partir de 2035, la dette publique ne se réduira pas en dessous du stade de 75% du PIB à partir de 2044, toute politique active de réduction de celle-ci étant alors abandonnée.

  • L'Allemagne : bien qu'ayant connue une embellie dans les années 2010, grâce aux lois Hartz de dérèglementation et de dumping social, l'Allemagne aura souffert d'un fort vieillissement de sa population et de sa phobie de toute politique légèrement inflationniste ou de souplesse budgétaire. Ainsi, n'ayant plus que 73 millions d'habitants, malgré l'appel à l'immigration, et un PIB/habitant inférieur à celui de sa voisine française, l'Allemagne aura dû se résoudre à devenir la deuxième puissance économique européenne. Mais l'honneur sera sauf avec une inflation limitée à 0,5% à partir de 2039, une dette publique ramenée à 60% du PIB et un équilibre budgétaire systématique dans les années 2040.

  • Le Royaume-Uni : empêtré dans son idéologie néo-libérale nocive et appauvrissant l'immense majorité de la population, le Royaume-Uni sera incapable de connaître de nouveau les années florissantes de l'époque Tony Blair. Connaissant un accroissement démographique limité (63 millions d'habitants), devant entretenir une famille régnante absolument inutile mais dispendieuse, la croissance sera limitée à 2% du PIB en moyenne, les Britanniques ne pouvant plus bénéficier de l'aide de l'€ (je ne dis pas « € fort », c'est un pléonasme) après 2013 pour doper leur croissance en dévaluant la £. Le Royaume de Sa Très Gracieuse Majesté restera donc en troisième position économique au niveau européen, avec un endettement public faible à force de « thérapies de choc » (la dernière après la crise économique mondiale de 2036-2038), mais celui privé dépassant les 200% du PIB, et un chômage légèrement supérieur à celui de la France.

  • L'Italie : minée par la corruption, la mafia, le berlusconisme et la mollesse de sa gauche, l'Italie ne parviendra pas à se relever dans le siècle qui s'annonce. Sa natalité catastrophique (faisant passer le pays à seulement 55 millions d'habitants) couplée à une politique anti-immigration, et à tout ce que j'ai dis encore dans la phrase d'avant (oui, je sais, c'est mal formulé). De plus, avec un État-Providence en déliquescence et une dette publique monumentale de 130% du PIB (stabilisée à partir de 2046), ainsi qu'un chômage de plus de 10%, ils ne pourront recoler au podium européen, et seront même amenés à se faire dangereusement rattraper par l'Espagne.

  • L'Espagne : bien que les Espagnols aient la drôle d'habitude de ne pas travailler quand le monde entier s'active (c'est-à-dire entre 14 heures et 17 heures), ils parviendront à accrocher l'Italie, grâce à une politique d'immigration massive (car les Espagnols ne sont pas beaucoup plus féconds que les Italiens), passant de 46 951 532 habitants à 53 millions, sans parvenir cependant à rattraper les trois premiers (faut pas plaisanter non plus). Leur chômage diminuera de moitié pour se situer à environ 10% et leur dette publique se stabilisera à 70% du PIB dans les années 2040, même si leur endettement privé restera problématique.

  • Dans le monde autour de nous : les États-Unis déclineront au profit de l'Inde et de la Chine, abandonnant à la seconde leur première puissance économique mondiale avec la crise économique de 2036-2038, mais parvenant tout de même à empêcher la première d'être seconde (pas trop perdus ?). Le Japon, qui aura perdu 15 millions d'habitants pour passer à 111 millions d'habitants seulement, reculera en cinquième position, derrière le Brésil, nouvelle quatrième puissance mondiale, bien plus grâce à ses 250 millions d'habitants que grâce à sa productivité hors-du-commun... La Russie, elle, en n'ayant plus que 120 millions d'habitants, perdra toute chance de réintégrer le top10 économique mondial après le choc des hydrocarbures de 2041 (lié au booms des énergies alternatives) et devra se contenter de la treizième place (quelle poisse !). Enfin, la Corée du Sud que Pricemachinchouette voyait en 2000 comme la future troisième puissance mondiale en 2050 (oui, vous avez bien lu) aura presque réussi son pari en terminant... quinzième. C'est pas passé loin, comme on dit !

Ici, un tableau récapitulatif des dix premières puissances mondiales avec PIB nominal en 2050 :

Rang

Nations

PIB nominal en milliards de $

1

Chine

46 435

2

États-Unis

43 564

3

Inde

37 909

4

Brésil

10 980

5

Japon

8 234

6

France

6 744

7

Allemagne

6 221

8

Mexique

5 987

9

Royaume-Uni

5 561

10

Indonésie

5 234

Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? Rendez-vous dans quarante ans, alors !

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22 décembre 2010

Marine Le Pen dessert la cause républicaine

Depuis quinze jours, la France est secouée d'une polémique – une de plus – sur la place de l'Islam en France. Pourquoi ? Pour cela :

« Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique. D’abord c’était rue Myrrha, et maintenant il y a dix ou quinze endroits où, de manière régulière, un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes y’a pas de blindés, y’a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants. »

Évidemment, ces propos furent l'aubaine pour tous les partis politiques de faire haro sur le baudet de Marine Le Pen, tous ânonnant peu ou prou le même catéchisme visant à la diaboliser : « vous voyez ! On vous l'avait bien dit que Marine Le Pen et Jean-Marine Le Pen c'est kifkif bourricot ! » Oui, peut-être, en effet... En tout cas, comme l'explique très bien David Desgouilles, avec de tels ennemis, Marine Le Pen n'a pas besoin d'amis. De fait, je ne vais pas m'amuser à commenter une fois de plus pour savoir si en matière d'« affreux fascisme », il existe un gène qui ferait que, étant la fille d'un antisémite, aux relents négationnistes, il n'y aurait aucune chance que l'on puisse être républicaine. Il semblerait qu'il y ait beaucoup de nos compatriotes à considérer que, comparée aux autres potentiels candidats, elle n'est pas moins républicaine.

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Marine Le Pen, candidate à la présidence du Front National et candidate de ce même parti politique pour les présidentielles de 2012 en cas de victoire lors des élections internes

Des propos en phase avec le réel...

Cependant, analysons quelques instants les propos de Marine Le Pen. Que dit-elle ? Qu'il y a des manifestations de revendications de l'affirmation communautaire (pour ne pas dire communautariste) d'une partie de la population française (ou non) de confession musulmane, dont le voile (intégral ou non) serait l'expression, et donc qu'il y aurait un défaut d'assimilation à la France républicaine d'une partie de cette population. Est-ce faux ? Non. Est-ce contestable ? Je ne le pense pas. Elle nous dit aussi qu'il y a occupation illégale de l'espace public par des fidèles d'un culte – en l'occurrence ceux du culte musulman – et donc abandon de la souveraineté de la part de l'État, puisque celui-ci renonce à faire appliquer la loi républicaine qui exige qu'il n'y ait pas de troubles à l'ordre public sur l'ensemble du territoire français (or, difficile de dire que cela ne trouble pas l'ordre public quand l'on est obligé de fermer une rue entière le vendredi matin...). Est-ce faux ? Non. Est-ce contestable ? Je ne le pense pas.

De fait, je suis d'accord avec elle sur deux points précis : l'assimilation et la laïcité. Il n'y a rien d'islamophobe, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, à exiger des musulmans et de l'Islam qu'ils s'assimilent à la France comme l'ont fait tous les immigrés depuis... depuis... depuis toujours, en fait. Comme l'on d'ailleurs fait les juifs, à l'initiative de Napoléon Ier. Il est également normal que l'on demande à ceux-ci de respecter la laïcité, et donc de ne pas manifester leur ferveur religieuse dans la rue, réquisitionnant tout un espace public à leur seule volonté de manifester leur présence dans le pays. Car en effet, ces « occupations » de l'espace public sont belles et bien des attaques contre la laïcité. Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, il n'y a aucun manque de place dans les mosquées en France. Ainsi, la très belle Grande Mosquée de Paris est vide... et les gens qui viennent prier rue Myrrha viennent parfois de très loin... du 78, du 92. De fait, il y a ici une ostentation, destinée à faire pression pour imposer un « certain » Islam, politique, fondamentaliste. Dès lors, face à ce qui est plus la manifestation d'un islamisme que de l'Islam lui-même, il ne faut pas avoir peur, comme Daniel Vaillant, mais se montrer courageux. Courageux ? Même pas. Simplement républicain et légaliste, et interdire cette accaparement du territoire.

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Une scène de prière musulmane dans la rue Myrrha, un vendredi matin ordinaire...

mais qui desservent la cause de la République

Cependant, il y a loin de moi d'approuver l'outrance langagière de Marine Le Pen. Parce que je pense, et j'en suis même persuadé, que par sa faute, par l'outrance permanente de son discours, elle dessert, plus qu'elle ne sert, la cause des républicains laïcs, tels que je le suis. En effet, il aurait suffit de dire qu'il était nécessaire de faire appliquer la laïcité, toute la laïcité, rien que la laïcité, et cela aurait suffit. Or, il a fallu qu'elle fasse dans la provocation, dans l'anti-fascisme d'opérette (retournement de situation assez bizarre de voir d'ailleurs un représentant du Front National adopter la même stratégie que les anti-racistes en prétendant combattre le nouveau fascisme, vert celui-ci, puisque c'est la couleur de l'Islam). De fait, en cela, Marine Le Pen nous montre que le FN n'est pas encore normalisé, qu'il reste un parti politique à part, extrémiste et outrancier (même si le contexte de la campagne interne peut faire penser qu'elle radicalise son discours pour les circonstances exigées).

Marine Le Pen, à l'inverse d'une Elisabeth Lévy par exemple, a un discours qui divise la Nation et le Peuple français, cherchant à stigmatiser une partie de notre population, alors même que le principe fondateur de la République, c'est le rassemblement au-delà de nos différences, de nos origines, de nos clivages partisans. Ayant de la famille musulmane, mais étant catholique et laïcard convaincu à la fois (je sais, cela fait beaucoup de contradictions), tout discours qui viserait à diviser la France me rebute par nature. En revanche, tout individu qui prônera le rassemblement, l'assimilation de l'Islam à la France, de tous les immigrés en général, recevra ma voix, mon soutien et même mieux, ma loyauté. Car il sera républicain. En effet, je reste et resterai intraitable sur les principes mêmes qui ont fait le succès de l'assimilation à la française et de la République : l'acceptation complète, sincère et sans rechigner des valeurs républicaines (dont fait partie évidemment la laïcité), la promotion de la seule langue française au sein de la Nation française (les langues régionales, si elles méritent le respect, n'ont pas à être valorisées par un État qui est, je le rappelle, Français), et enfin le refus de toute reconnaissance d'une communauté, hormis celle nationale.

Il existe un substrat culturel commun à tous les Français depuis des siècles, même s'il y a eu des mutations évidentes. Ce substrat culturel commun que les immigrés ont assimilé (ce qui fait qu'ils ont été assimilés par la France), et qui de tout temps a évité à la France de tomber dans le multiculturalisme, lequel engendre nécessairement communautarisme, et, au final soit, la guerre civile, soit la sécession, consiste en un héritage commun (gréco-romain, chrétien, humaniste, rationaliste-libéral des Lumières, révolutionnaire), une histoire (le fameux « roman national » !), des valeurs communes (la liberté, l'égalité, la fraternité, mais aussi la laïcité, la souveraineté populaire et nationale, la solidarité nationale, etc.), et enfin notre langue française, celle qui a permis qu'un Basque, un Corse, un Breton, un Artésien ou un Alsacien, qui n'avaient rien en commun au départ, forment une Nation. Peut-être la Nation qui, bien que paraissant toujours désunie, est celle qui a le moins de chance d'exploser en Europe. Que la France, Nation civique, ne soit pas l'Allemagne, Nation culturelle, c'est une évidence. Mais je pense à l'évidence, que refuser d'admettre qu'il puisse exister une culture française, qu'accepter le multiculturalisme, sera le meilleur chemin pour nous mener à l'implosion. De toute manière, les multiples exemples tout au long de notre histoire, des Cathares aux Girondins, en passant par la « République de La Rochelle », nous ont montré que tout communautarisme, toute tentative de fragmentation du corps national avait été rejeté par le Peuple français. Cette conception de la société est contraire à son essence, qui est celle du mélange. En définitive, je crois sincèrement que seule l'assimilation universaliste, libérale et égalitaire, que la République a toujours pratiqué, de manière encore plus forte que la monarchie et l'Empire, est capable de maintenir la cohésion sociale en France.

On ne peut être Français en se construisant en opposition à ce qu'est la France. Ainsi, en s'assimilant, les immigrés dans leur ensemble (plutôt que de se contenter de parler des musulmans, élargissons un peu) ne subiront plus aucune discrimination, comme je n'en subis pas malgré mon patronyme outre-méditerranéen, comme les assimilés n'en subissent pas, tout simplement parce qu'ils seront assimilés... Je vais me répéter, mais comme politique anti-raciste, on a pas inventé mieux que l'assimilation : « à Rome, fais comme les Romains et ils te verront comme l'un des leurs ». La culture française existe, celle-ci doit être assimilée. Si, dans la sphère privée, dans sa spiritualité, chacun est libre, tant qu'il respecte nos codes, nos valeurs, dans la sphère publique nous n'avons qu'à être des Français, uniquement des Français, rien que des Français.

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La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, symbole de l'universalisme libéral et égalitaire français depuis 1789

« L'Islam dehors ! » ? Non. L'Islam de France !

Alors, voilà. Certains pensent que le problème fondamental dans tout ça, ce ne sont pas les prières dans la rue, ce n'est pas le voile, ce n'est pas l'islamisme, mais l'Islam, lui-même. Cette religion serait intrinsèquement incompatible avec la République et la France. Intrinsèquement rétrograde. Intrinsèquement totalitaire. Permettez-moi d'en douter... Nous avons bien réussi à laïciser l'Eglise catholique. Nous avons bien réussi à adapter le judaïsme à la France. Pourquoi ne réussirions-nous pas avec l'Islam, si nous nous en donnons les moyens ? Ces moyens, je les ai exposé plus haut : c'est l'assimilation et l'inflexibilité de notre caractère républicain et laïc (oui, l'assimilation en somme, mais je voulais faire une phrase plus longue, pardon). Est-ce trop jacobin ? Peut-être... Néanmoins, le discours jacobin assimilateur, et plus encore son application concrète, est ce qui a permis à des millions d'immigrés (cf. les Italiens, Espagnols, Polonais, Belges, une partie de ma famille, etc.) de se sentir et d'être considérés comme parfaitement Français, aujourd'hui. Pas si mal, quand même, pour un système pourri, prétendument générateur d'anomie, et qui donc ne marcherait pas, non ?

Pour ma part, je ne doute pas que les populations arabo-musulmanes, pour englober (mal) tout ce beau monde dont on parlait, soient en voie d'intégration. Pour la majorité, d'ailleurs, les musulmans s'intègrent. Et même bien. Pour l'assimilation, ce n'est pas encore tout-à-fait ça... mais je ne désespère pas que dans une ou deux générations, nous y parvenions. C'est normal, cela prend plus de temps. Cependant, pour cela, il faudra se montrer aussi intraitable avec l'Islam politique que l'on le fut avec le catholicisme politique il y a un siècle. Il faut donc, sans plus attendre, et sans faillir, laïciser l'Islam, comme on a laïcisé l'Église de France, et le forcer à accepter la République, que cela lui plaise ou non. Comment ? En utilisant la même méthode que Napoléon Ier avec les juifs en 1806 : en les obligeant à changer les pratiques et commandements contraires à la République. Pourquoi ce qui fut possible pour les juifs (même si je dois reconnaître depuis la Seconde Guerre mondiale et les conflits israelo-arabes un repli communautariste), ne le serait-il pas avec les musulmans ? Dès lors, il revient à l'État de refuser la politique des « accommodements raisonnables ». Son rôle, c'est de défendre la laïcité et donc la République. Il ne lui incombe pas de la saborder.

14 novembre 2010

François Fillon est Premier ministre... et moi et moi et moi ?

Ça y est ! Après un insoutenable suspense qui aura duré six mois, après un concours de celui qui saura se montrer le plus séduisant – et la plus grosse carpette – auprès du président de la République, telle une « Star Academy » des postes gouvernementaux où seule une personne pourrait voter – Nicolas Sarkozy, la sentence est enfin tombée : François Fillon reste Premier ministre et, déçu, Jean-Louis Borloo ne fera pas partie du prochain gouvernement, préférant retrouver « sa liberté de proposition et de parole aux services de ses valeurs, qui ne sont pas de circonstances » (étrange charabia...). Tout ça pour ça ? Je me saurai au moins attendu à voir Jean-Louis Premier ministre, avec la proposition fracassante d'y associer en Ministre d'État notre ami François Bayrou, avec Dominique Strauss-Kahn en tant que Ministre de l'Économie et des Finances (et d'État tant qu'à faire, c'est meilleur pour la retraite). Là, non, c'est plutôt on prend les mêmes (à des endroits différents) et on recommence ! Après tout on ne change pas une équipe qui gagne (oui, mais est-ce que l'on gagne vraiment, là ?). Non, mais je ne vais pas être hypocrite... je préfère François à Jean-Louis : plutôt le fan de corrida que l'alcoolique, il ne faut tout de même pas aller trop loin !

Franchement, le président de la République aurait pu nous épargner un tel spectacle pour le moins pitoyable, lequel nous a fait replonger dans les affres les plus détestables de la IVe République (la si justement « Mal-Aimée »). Lorsque l'on se prétend l'héritier du Général de Gaulle, ne vaudrait-il pas mieux s'attacher à préserver les pratiques de la Ve République, Monsieur le Président et éviter tout « vacance » du pouvoir (je mets des guillemets car, je reconnais que les affaires courantes étaient rendues) ? Sinon, puisque vous en êtes encore aux consultations, je vous annonce mon refus d'entrer au gouvernement pour le moment (oui, je sais, vous vous en foutez royalement, vous ne savez même pas qui je suis). Enfin bon, si vous me proposez, je réfléchirai quand même, parce que bon, les avantages et l'indemnité c'est pas si mal en fin de compte... Et puis, je suis Français, alors l'esprit de cour ça me connait, comme dirait votre ami Dominique Galouzeau de Villepin, qui ne vous a pas épargné hier soir d'ailleurs.

Plus sérieusement, il serait temps de se remettre au travail, Monsieur le Président... Et d'arrêter les petits marchandages et autres courses aux portefeuilles et autres affaires d'épiciers que la Constitution de 1958 était censée avoir éliminé. Preuve encore une fois que, dans notre pays plus que dans aucun autre certainement, peu importe les institutions lorsque la classe politique n'est pas au niveau (oui, désolé, je suis méchant, mais je ne vous trouve pas au niveau... il faut dire que pour moi, le niveau c'est de Gaulle, alors vous comprenez...). Le problème, contrairement à ce que ceux qui prônent la VIe République disent, ce n'est pas le régime : ce sont les hommes. Qu'ils s'en aillent tous ? Il n'a peut-être pas si tort, Jean-Luc Mélenchon... Mais allons bon, que m'arrive-t-il, voilà que je flirte avec le « Le Pen de gauche » (dixit le si honnête Jean-Paul Huchon, par ailleurs mis en examen pour abus de biens sociaux), ça ne va vraiment pas. Bon, allez, une petite séance de Daniel Cohn-Bendit en consultant sportif sur Canal + pour me remettre dans le droit chemin de l'européisme et du politiquement correct ! Je vous promets que je ne recommencerai plus...

29 octobre 2010

L'Allemagne est-elle raciste et islamophobe ?

Le titre du billet est racoleur. Je le sais et c'est pourquoi j'ai longtemps hésité avant de publier cet article. Pardonnez-moi cette faiblesse. Celle d'avoir cédé, comme tant d'autres avant moi, et après moi y cèderont, à la tentation. Je vais tenter de justifier cet usage tout au long de la démonstration qui va suivre. Accrochez-vous, je suis certain qu'une bonne partie d'entre vous, tout au long de la lecture, s'en arrachera les cheveux, comme certains en ont l'habitude à ce que j'ai pu comprendre des commentaires laissés sur ma page Facebook.

La fin d'une illusion

Chacun en aura au moins un peu entendu parler. La semaine dernière, la Chancelière de la République fédérale d'Allemagne, issue des rangs de la CDU (Union démocrate-chétienne – Christlich Demokratische Union), Angela Merkel, sonnait le glas du « Multikulti », concept fondé par les Verts (Die Grünen) et mis en application depuis une vingtaine d'années qui prônait une société multiculturelle dans laquelle chaque cultures cohabiteraient harmonieusement en toute tolérance et respect de l'autre, sans pour autant se mélanger. Or, la Chancelière par une simple phrase en a signé l'arrêt de mort affirmant « le modèle a totalement échoué (...) nous nous sentons liés aux valeurs chrétiennes. Celui qui n’accepte pas cela n’a pas sa place ici ». Et, rebondissant sur le débat qui secoue l'Allemagne depuis quelques mois et la publication du livre choc de Thilo Sarrazin, la voilà qui en vient d'exiger que les immigrés apprennent l'allemand, respectent les valeurs et l'identité de l'Allemagne ainsi que sa constitution. Plus anti-multiculturaliste, tu meurs ! J'ai envie de dire, une fois n'est pas coutume : merci Angela !

Merkel_discours_multiculturalisme

Angela Merkel affirmant l'échec du modèle multiculturaliste allemand le 17 octobre dernier.

A vrai dire, il s'agit seulement de la fin d'une illusion, d'une utopie, alors même que celle-ci était célébré pendant la dernière coupe du monde de football. Car le multiculturalisme allemand, sans être un véritable communautarisme (et surtout pas un assimilationnisme à la française), et tout en permettant une cohabitation pour le moins précaire des cultures sur son territoire, a engendré un phénomène de communautarisation, chaque communauté développant ses propres commerces, ses propres réseaux sociaux et au final développant une société parallèle (comme l'explique très bien l'analyse sur les différents modèles d'accueil des immigrés dans le livre d'Emmanuel Todd, Le destin des immigrés... pour une fois que je le cite !).

Le luthérianisme ? Voilà l'ennemi !

Or, voilà que pour Monsieur Gilbert Casasus, professeur et chaire en études européennes à l'université de Fribourg, on doit y voir une résurgence de la xénophobie profondément liée à l'esprit du protestantisme luthérien et qui aurait, d'ailleurs, été le terreau idéal à l'expansion du nazisme, rien de moins ! Une telle charge face à une religion ne peut que donner à réfléchir lorsque l'on voit que Jean-Marie Le Pen s'apprête à être condamné par la justice française pour bien moins que cela après ses affiches de campagnes lors des régionales dénonçant l'islamisme (et non l'Islam) qui menace la France et que le Parlement européen envisage de le destituer de son mandat (montrant une nouvelle fois la grandeur démocratique des institutions européennes...), que l'on soit ou non d'accord avec ses idées, que l'on approuve ou réprouve son usage de la liberté d'expression. Visiblement le délit de blasphème est à géométrie variable...

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Une des affiches du Front National pour les élections régionales de mars 2010 dénonçant une hypothétique islamisation de notre Patrie

Ainsi, aujourd'hui, il me faudra prendre la défense de l'Allemagne. Est-ce à dire que parce que les Allemands, à une écrasante majorité si l'on en croit les sondages (ce dont je me méfie toujours), sont contre la société multiculturelle et souhaitent se rapprocher d'un système, sinon assimilationniste, au moins intégrationniste, sont racistes et islamophobes ? Si l'on en croit Monsieur Casasus, oui. Et de nous citer, l'ignorance des Allemands à propos de la Turquie, prétendument laïque et démocratique... Oui, c'est bien beau comme exemple, sauf que c'est oublier que c'est l'AKP (le Parti de la Justice et du Développement) qui est actuellement au pouvoir, c'est-à-dire une formation politique « islamiste modérée » (bel oxymore au passage...). C'est oublier aussi que la plupart du temps les élites laïques sont dans les villes côtières et que l'Anatolie, qui représente la majorité du Peuple turc, est, elle, profondément islamiste, si l'on en croit les résultats du dernier référendum constitutionnel. C'est également oublier que le nombre de chrétiens depuis 1923 a diminué de manière extraordinaire sous l'effet des persécutions de cette république « laïque » (qui d'ailleurs salarise le culte musulman) jusqu'à ne pas dépasser le chiffre des cent mille fidèles aujourd'hui, et que le pourcentage de musulmans dans la population est passé de 73% à 99%. C'est enfin oublier que l'armée reste le dernier bastion laïc du pays, et que celle-ci est loin d'être un modèle de démocratie (pour cela, il suffit de se remémorer le coup d'État de 1997 ou l'épisode du réseau Ergenekon il y a deux ans). Comme modèle à opposer à la « xénophobie » d'une Allemagne libre, démocratique, tolérante (il y a plus de deux mille mosquées Outre-Rhin) et débarrassée de ses anciens démons, on a connu mieux.

L'impossibilité d'une société multiculturelle

Le problème est que cette thèse du rejet d'une culture différente à la culture dominante troublant l'identité nationale d'un pays (que de mots tabous je viens d'écrire !) qui trouverait ses racines dans la nature religieuse d'un pays, l'Allemagne, ne tient pas debout. Ou alors, comment expliquer l'essor de partis dits « islamophobes » (en réalité plutôt opposés au multiculturalisme et craignant l'islamisme et l'islamisation possible de leurs pays) aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède, pourtant traditionnellement multiculturalistes ? Comment expliquer les suspicions et craintes que suscite l'Islam, en France, pays laïc et de tradition catholique ? Comment expliquer le même phénomène dans un pays très croyant et aux religions multiples aux États-Unis ? Est-là aussi de la faute des pays hôtes ? En réalité, il apparaît qu'un tel discours ne vise qu'à rejeter la responsabilité sur les populations dites « de souche » (mon Dieu que ce terme est laid !), et à dédouaner de toute responsabilité les immigrés. Non, l'Allemagne n'est pas islamophobe. Non l'Allemagne n'est pas raciste. De par son histoire, il s'agit même certainement du pays le plus immunisé face à ces risques. Alors cessons de vouer aux gémonies Angela Merkel sur ce sujet !

Le fait est que l'ensemble des populations européennes et nord-américaines, peu importe leurs traditions et modèles (laïc, assimilationniste, communautariste, « multiculturaliste », etc.), comprennent les effets dévastateurs du multiculturalisme sur leurs sociétés, ce qu'ils peuvent générer en terme de régressions sociales et civiles et de fragmentation de l'espace national. Il devient dès lors urgent de briser la loi du silence à propos des méfaits de ce modèle sur nos sociétés. Le risque étant évidemment de laisser à l'extrême-droite tout le loisir de s'en emparer, avec les conséquences que l'on peut deviner par la suite pour nos régimes démocratiques... Concernant la France, en tant que républicain, patriote, laïc et démocrate, je me refuse à confier à celle-ci les oripeaux des valeurs républicaines, lesquelles n'en seront que plus déconsidérées, alors même qu'il n'a jamais été aussi nécessaire de les restaurer ! Mais cela est-il encore possible alors que le 19 novembre 2004, le Conseil européen « justice et affaires intérieures » a adopté la position suivante : « l'intégration est un processus dynamique, à double sens, de compromis réciproque entre tous les immigrants et résidents des États membres ». L'exact inverse de l'assimilation à la française : l'acceptation du communautarisme. Ou de l'impossibilité de conserver la République tout en construisant cette Union européenne là...

Les Peuples, y compris le Peuple français, rejettent désormais le multiculturalisme. Pourquoi ? Parce que celui-ci met en danger l'unité et l'identité nationale. Et comment leur donner tort ? L'Autriche-Hongrie s'est effondrée, comme l'Empire ottoman. La Yougoslavie a périclité dans les flots de sang de la guerre civile. L'Inde connait, depuis son indépendance, des revendications sécessionnistes et des menaces terroristes, comme l'Espagne d'ailleurs. Le Canada connait de multiples problèmes de gouvernance. La Grande-Bretagne craint les menaces indépendantistes, notamment en Écosse ; quant à la Belgique elle est en phase terminale. Les États-Unis et les Pays-Bas, pour communautaristes qu'ils aient pu être, n'ont jamais été véritablement multiculturalistes puisque y régnait, et y règne toujours, une culture dominante, d'où leur rejet face à l'implantation de l'actuel multiculturalisme. Enfin, l'Afrique, dont le tracé des États ne respecte en rien les découpages culturels et ethniques, a été le lieu de multiples « nettoyages ». Je pourrai multiplier les exemples à l'infini tellement ils sont nombreux... Seule la Suisse échappe à ce phénomène : et pour cause, ce n'est pas une Nation, mais un regroupement de multitudes de petits cantons confédérés et restant souverains. Que peut donc en conclure de toute cela ? Que le multiculturalisme mène au communautarisme. Que celui-ci mène à la constitution de sociétés civiles et politiques autonomes sécessionnistes ou à vocation sécessionniste. Dès lors, la conclusion est, soit l'acceptation de la séparation, soit la guerre civile. Qui peut souhaiter cela, alors même que nous avons eu la chance de ne pas connaître de guerres sur notre sol depuis soixante-cinq ans ?

Le multiculturalisme étant la cohabitation de plusieurs cultures – prétendument à égalité – dans un lieu donné, la Nation qui est un ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son unité (historique, culturelle, etc.) et constituant une entité politique, cette dernière ne saurait tolérer le premier en son sein. L'« un » ne peut être « multi ». Il y a là une contradiction indépassable. C'est bien ce qu'avait compris la République, laquelle avait corrélé un droit de la nationalité généreux, lié au sol, à une grande exigence d'assimilation des populations nouvellement arrivées, qui, comme le disait Fernand Braudel, permettait l'intégration sans douleur des immigrés « qui se sont vite confondus dans les tâches et les replis de notre civilisation, tandis que leur culture d'origine ont apporté une nuance de plus à notre culture complexe ». Une nuance seulement... on est bien loin du multiculturalisme. Certes, ce modèle demandait beaucoup d'efforts aux nouveaux arrivants. Mais la suite était couronnée de succès, il n'y a qu'à voir le nombre de personnages publics avec des noms à consonances italiennes, espagnoles, polonaises, ou que sais-je encore ! C'est depuis l'abandon de ce modèle que la France connait une crise identitaire, à laquelle il faut rajouter la crise économique et la crise sociale, et qui donne ce cocktail détonnant d'un pays qui ne semble plus croire en lui et en permanence au bord du collapsus.

Restaurer l'assimilation républicaine

La solution, chacun la connait. C'est la restauration pleine et entière de la République et du modèle qui va avec : École comme lieu de transmission des savoirs, souveraineté de la Nation et de son Peuple, assimilation des immigrés, laïcité pleine et entière tant de l'État que de la sphère publique, affirmation de notre fraternité par la solidarité nationale. Aujourd'hui, le clivage n'est plus réellement entre gauche et droite, mais entre républicains et démocrates. Entre adeptes d'idéaux contraires à notre République, pour démocrates qu'ils sont, et ceux qui, comme moi, sont attachés à cette République qui se meurt parce qu'on la dénature. Je ne puis tolérer cette communautarisation croissante de la société française comme l'exemple de cette chaine de restauration rapide (Quick pour ne pas la nommer) qui ne sert que exclusivement halal en vingt-trois endroits, en est l'expression. Oui, je le reconnais, cela me donne envie de me révolter quand je vois la France céder face aux agressions communautaristes, alors même que de par son histoire elle devrait, au contraire, aider les hommes à s'émanciper. Telle était la tâche de l'assimilation. J'attends désormais que Nicolas Sarkozy emboîte le pas d'Angela Merkel (c'est pareil, ce n'est pas souvent que je dis ça...) : qu'il choisisse définitivement entre l'éloge de la diversité et celle de l'assimilation. Au sein de la République, la diversité n'a pas de sens. Il n'y a pas de catholiques, il n'y a pas de juifs, il n'y a pas de musulmans, il n'y a pas de noirs, il n'y a pas de blancs, il n'y a pas de jaunes : il n'y a que des Français qui doivent être traités à égalité, sans discrimination mais sans indulgence. C'est ainsi que je rejoins Malika Sorel, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Pierre Chevènement ou encore Jacques Myard.

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Éric Zemmour, le chantre de l'assimilation républicaine le plus médiatique du moment

Il revient évidemment à fixer le niveau d'assimilation exigé, sachant que l'on ne peut demander à une personne, par exemple, de changer de religion, à moins de renoncer à ce qui fait une partie de l'âme de la France : la liberté. Mais cette liberté ne peut être licence, et l'on ne peut tolérer tout au nom de celle-ci. L'assimilation était le compromis le plus anti-raciste qui soit permettant de conjuguer la liberté avec la nécessaire adaptation de l'immigrant au pays d'accueil. Visiblement, après la Grande-Bretagne, après les Pays-Bas, l'Allemagne semble se rendre compte que les mesures voisines de l'assimilation à la française ne sont pas toutes à jeter. Raciste et islamophobe l'Allemagne ? Non, assurément pas. Elle souhaite juste ne pas perdre son âme.

PS : à partir d'aujourd'hui, votre auteur préféré change son fusil d'épaule et vous annonce qu'il a décidé de répondre directement  sur son blog aux commentaires laissés, et non plus par courrier électronique.

25 octobre 2010

La « folle semaine » se termine

En ce moment, l'actualité foisonne d'informations toutes plus intéressantes les unes que les autres. J'aurai pu traiter ainsi de mille choses différentes dans ce billet, mais finalement je me contenterai de parler de trois sujets cruciaux, à mes yeux (et comme je suis l'unique auteur, je revendique le droit à la partialité dans l'examen de « crucialité » des sujets). Primo, la réforme des retraites bien entendu et la flambée de violences que notre pays a connu en lien avec les manifestations qui l'on accompagné. Secundo, de la « victoire » française obtenue par Nicolas Sarkozy (et vous allez comprendre pourquoi je mets des guillemets) face à l'Allemagne d'Angela Merkel (que je tiens néanmoins à féliciter pour avoir eu le courage que le multiculturalisme menait à sa perte l'Allemagne – ce qui est valable pour la France, évidemment) à propos des sanctions pour déficits excessifs des États membres de la zone €. Enfin, tertio, de la crise politique belge qui n'en finit pas.

Le mouvement social dégénère ? Il faut rétablir l'ordre républicain

Comme l'on pouvait s'y attendre, l'entrée des lycées dans le mouvement social d'opposition à la réforme des retraites a engendré des violences et des actes de vandalisme. Comme à chaque fois depuis maintenant vingt-quatre ans et la mort de Malik Oussekine en 1986 lors des manifestations contre la réforme Devaquet. Mais ce que l'on voit apparaître depuis les manifestations anti-CPE de 2006, c'est l'intrusion d'éléments perturbateurs, de casseurs, de « racailles » parmi les manifestants. Ceux-ci, loin de se préoccuper des conséquences sociales, économiques et nationales des divers projets gouvernementaux, se désintéressant totalement du débat public (et pour cause, ils ne sont pas politisés), se servent uniquement de ces mouvements pour détruire. On peut dès lors, affirmer qu'il s'agit de barbares, saccageant, rançonnant et pillant par pur plaisir, par mauvaise éducation et par rejet de ce qui symbolise la civilisation avancée, notamment les symboles de la France républicaines, comme le montre l'incendie volontaire d'un collège. Ne pas faire le lien en l'immixtion des voyous dans le mouvement, et cet acte criminel, serait faire preuve d'une grande cécité, d'où mon affirmation pour le moins péremptoire. En tout état de cause, appeler les jeunes à descendre dans la rue, comme la fait Ségolène Royal, était totalement irresponsable ou alors relevait d'un profond cynisme, sachant qu'il était évident que la violence allait faire son entrée dans un mouvement qui, jusqu'à présent, était pacifique.

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Des voyous trainant en marge des manifestations contre la réforme des retraites accomplissant leurs bonnes oeuvres

En tout état de cause, le gouvernement doit se montrer ferme avec cette mauvaise engeance qui déshonore les noms de « jeunes » et de « manifestants » et font un tort immense au mouvement social, comme aux banlieues dont ils sont pour l'immense majorité originaires. Car, même si je suis sur une position opposée aux grévistes et manifestants, il me paraît normal et naturel que ceux-ci exercent leur droit constitutionnel à la grève et à la manifestation, à l'heure où la réforme a été adoptée par le Sénat. En fait, je vais l'avouer. Je suis fier de voir les Français manifester : oui, cela paraît incohérent avec les positions que je défends, mais j'aime voir ce Peuple rebelle et révolutionnaire que l'on appelle Peuple français refuser la fatalité, surtout lorsque j'entends les étrangers nous féliciter de protester, même si une réforme est nécessaire, et de combattre l'esprit néo-libéral dominant, comme si nous luttions par procuration pour tous les autres Peuples... Cependant, ces grévistes doivent également veiller à ne pas entraver les citoyens souhaitant étudier ou travailler, et donc à ne pas se montrer irrespectueux des droits et libertés d'autrui, comme cela se fait trop souvent malheureusement. Ces images de violences sauvages et de blocages illégaux dans tout le pays, ont fait un grand tort à l'image de la France (et a fortiori du mouvement). Je m'en suis rendu compte cette semaine, alors que jusqu'à présent tout se passait très bien (et le retentissement médiatique en Espagne y fut bien plus grand que la petite polémique sur l'expulsion des Roms, d'ailleurs refermée). Et je dois avouer qu'il n'y a rien de plus désagréable à mon cœur que de se prêter à l'exercice visant à expliquer pendant dix minutes, dans une langue étrangère, devant quarante personnes, en plein cours, ce qui se passe en France et que, non, mon pays n'est pas en guerre civile, contrairement à ce que peuvent dire les noticias.

Dès lors, en tout état de cause, on ne peut qu'approuver la décision du gouvernement de débloquer les raffineries d'essence dans le pays, lesquelles faisaient toutes l'objet de blocus, ceci tant au mépris de la liberté de travailler que du droit de propriété puisque les grévistes, aux dernières nouvelles, ne sont pas propriétaires de ces lieux. Dans un pays où règne l'État de droit, une telle situation ne peut être tolérée. Ainsi, le déblocage de la raffinerie de Grandpuits, laquelle s'est faite par la force, est logique, normal et nécessaire, n'en déplaise aux bonnes âmes. Le gouvernement se doit de faire respecter l'ordre républicain partout. J'attends donc désormais qu'il se montre de la plus extrême sévérité avec les casseurs, en espérant que pour une fois il soit suivi par notre justice (ce dont je doute). Peut-être aussi devrait-il arrêter de tolérer les zones de non-droits qui peuvent exister dans certaines villes de France et de Navarre et d'où sont originaires ces mêmes casseurs ? Il vaudrait mieux traiter le problème à la source qu'en aval : ce serait plus efficace.

Pour une fois c'est la France qui « gagne » !

Pendant ce temps, en plein mouvement social, le lundi 18 octobre, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rencontrés à Deauville, en marge du sommet France-Allemagne-Russie (le président russe Dmitri Medvedev les ayant rejoint dans la soirée), afin d'aplanir leurs différents, notamment sur l'Union européenne. L'enjeu était de savoir si un accord sur la « gouvernance économique européenne » (un mot fourre-tout signifiant « moyen de punir les méchants États vraiment pas gentils qui dépensent trop et ne font pas comme la gentille Allemagne qui elle a bien compris qu'il ne fallait surtout pas dépenser, mais au contraire tirer sa croissance de ses exportations, c'est-à-dire en plumant ses voisins européens, dont la France ») allait enfin pouvoir être trouvé. Car l'Allemagne exige que les sanctions envers les pays ayant des déficits dits « excessifs » soient renforcées de manière à instaurer une sévère discipline budgétaire en Europe... alors même que la crise économique et sociale n'est pas terminée et que la croissance reste vacillante. Stratégie idoine, assurément... comme le Royaume-Uni du conservateur David Cameron va bientôt en faire l'amère expérience avec son programme visant à faire 81 milliards de £ d'économies, 29 milliards de hausse d'impôts et 500 000 fonctionnaires licenciés, rien de moins !

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Le Président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev, la Chancelière de la République fédérale d'Allemagne Angela Merkel et le président de la République française Nicolas Sarkozy, à Deauville, lundi 18 octobre 2010, lors de la réunion du  « G3 » franco-germano-russe

Finalement, un accord a pu être trouvé entre le président de la République française et la Chancelière de la République fédérale d'Allemagne. Or, surprise ! Pour une fois, Nicolas Sarkozy ne s'est pas aplati comme une lopette mais a défendu bec et ongles ses positions, et c'est Angela Merkel qui a dû s'incliner. Lorsque l'on vous dit que si la France baisse la tête depuis vingt ans face à l'Allemagne c'est parce qu'elle refuse de montrer les gros bras ! Ainsi donc, ce n'est pas la Commission européenne, institution fédéraliste, mais le Conseil européen, organe intergouvernemental s'il en est, qui aura la maitrise de dire si oui ou non des États pourront être sanctionnés pour déficit excessif. Avec le soutien de l'Italie et de l'Espagne derrière elle, la France pouvait en effet imposer son point de vue à l'Allemagne cette fois-ci, laquelle n'était soutenue que par les Pays-Bas, la Finlande et la Suède.

Seulement, cela reste une victoire à la Pyrrhus. Déjà, parce que cela sera inscrit dans les traités, ce qui montre, tout d'abord que le Traité de Lisbonne est bel et bien mauvais (ce n'est pas une grande nouvelle, on le savait déjà) et désormais caduque, mais surtout qu'une nouvelle fois on va institutionnaliser une règle de politique économique, ce qui est profondément idiot car manquant grandement de souplesse (et ce qui oblige en permanence à violer les traités européens... après tout s'il faut cela !). De plus, la décision sera prise à la majorité qualifiée (toutes mes excuses à Laurent Pinsolle pour lui avoir soutenu le contraire sur son blog), ce qui est la démonstration d'un nouvel abandon de souveraineté, même si les critères de la majorité qualifiée étant si difficiles à réunir, on peut douter que les États (si ce n'est les quatre « orthodoxes » cités plus haut) n'engagent des poursuites contre un de leur pair, par peur aussi d'y être confrontés un jour. Enfin, et par dessus tout, c'est le fait même d'admettre que des individus ou organismes extérieurs au suffrage universel et non issus du Peuple français puissent dire à la France comment diriger son budget et la sanctionner en conséquences qui est profondément inadmissible. Comme renoncement à l'esprit démocratique, comme philosophie plus opposée à l'esprit de 1789, il est difficile de faire mieux. Oui, l'Union européenne reste bien l'« anti-1789 ». Mais bon, ne boudons pas notre plaisir... Pour une fois, nous avons « gagné ». La gageure de la « gouvernance économique européenne » a fait long feu et peut-être un frein à la fuite en avant permanente vers le fédéralisme a-t-il été activé... au profit du confédéralisme ? Un tournant décisif ou une simple victoire momentanée ? L'avenir seul pourra nous le dire.

La Belgique, un État en situation de mort clinique

Bien loin de toutes ces préoccupations, les Belges craignent pour la survie de leur pays. En effet, après des mois de négociations, les voilà toujours incapables de former un gouvernement. Depuis les élections législatives de juin dernier, francophones wallons et Flamands tentent de trouver un accord sur la future réforme de l'État belge (entendez par cette formule « nouvelle étape dans sa désagrégation »). Et depuis quatre mois, donc, ils échouent à trouver un terrain d'entente. Et comment pourrait-il en être autrement ? En Wallonie, c'est le Parti socialiste qui est arrivé en tête, c'est-à-dire le parti politique le plus attaché à l'unité de la Belgique. Et en Flandre, c'est le NVA (Nieuw Vlaamse Alliantie – Nouvelle Alliance flamande) de Bart de Wever qui l'a emporté, lequel est indépendantiste. On imagine dès lors avec aisance les difficultés pour trouver un accord... Et la perspective d'un nouveau scrutin ne semble pouvoir améliorer les choses puisque les sondages (à prendre avec des pincettes) annoncent un renforcement des positions respectives de ces deux partis.

Depuis des mois, les négociations butent sur le niveau du démantèlement de l'État fédéral belge. Le NVA souhaite que les politiques de l'emploi, de la famille et la justice soient confiées aux régions, ainsi que la moitié de l'impôt sur le revenu ! Des propositions inacceptables pour les Wallons, exaspérés d'être perçus dans leur propre pays comme à l'étranger (à cause de l'excellente propagande flamande) comme des boulets attachés aux pieds des Flamands, alors même qu'ils ont maintes fois mis la main au porte-monnaie, il fut un temps, lorsque les rôles étaient inversés, que la Flandre était en pauvre et la Wallonie industrielle florissante. Ils se refusent à une telle réforme, proposée par De Wever, qui signifierait l'acte de décès du fédéralisme et de la solidarité nationale. Et ce même personnage de remettre de l'huile sur le feu en annonçant qu'il allait très bientôt déposer une proposition de loi visant à acter la scission de l'arrondissement de BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde), le seul bilingue. Ce qui est considéré comme un acte de guerre par les francophones... ce qui est précisément l'effet recherché par le chef des indépendantistes flamands, qui ne souhaite pas trouver un compromis, mais aller au conflit. Ainsi, le pays qui « gouverne » l'Union européenne a fière allure en ce moment...

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Le leader du NVA Bart De Wever qui prône l'indépendance de la Flandre au sein de l'Union européenne

« Fabula acta est » a dit lundi Bart de Wever, paraphrasant l'Empereur romain Auguste. Pour lui, l'histoire de la Belgique est finie, et il s'agit de négocier au mieux la scission. Les francophones, bien qu'ils aient brisé le tabou de la séparation, ne semblent pas s'être résignés à cette idée. Pourtant, il apparaît évident que la Belgique n'est plus, que cette « Nation » créée à Londres il y a presque cent-soixante-dix ans par les Britanniques pour empêcher les Français de s'approprier le port d'Anvers et de se remettre à rêver aux frontières naturelles est dans le coma. L'avenir de la Belgique semble être de n'avoir point d'avenir, justement. Flamands et Wallons paraissent n'avoir plus rien en commun. Dès lors que cette séparation semble inévitable, peut-être serait-il opportun que la France lance un appel à ses « frères » d'Outre-Quiévrechain, pour leur dire que si tel était le cas, celle-ci serait prête à les accueillir en son sein (dans des conditions et formes à définir). Il est temps que Nicolas Sarkozy dise aux Wallons « je vous ai compris ». Il est temps que la République française assurent les francophones belges qu'elle ne les abandonnera pas et qu'elle se montrera solidaire de ceux-ci. La France ne doit plus avoir peur d'affirmer à la face du monde qu'elle envisage sérieusement, de manière démocratique, mais avec détermination, l'unification définitive de son territoire, son ambition de ramener au bercail ses enfants égarés depuis trop longtemps, et de clore un processus commencé il y a mille ans, avec l'accession d'Hugues Capet à la tête de l'État, et qui n'est toujours pas achevé. Fabula acta est ? Pour la Belgique, assurément. Pour les Wallons, ce n'est peut-être que le début d'une autre histoire.

PS : je souhaite en profiter pour rendre hommage à feu Monsieur Georges Frêche, décédé ce soir, avec qui j'ai pu avoir des points d'accords, mais surtout de désaccords, et qui, incontestablement, marquera l'histoire de la ville de Montpellier et de la région du Languedoc-Roussillon. Requiescat in pace, et que Dieu ait son âme.

15 octobre 2010

La réforme des occasions manquées

Je n'en avais pas encore parlé. Mais l'actualité étant brulante, je me vois dans l'obligation de le faire maintenant. En effet, depuis plus d'un mois désormais, le mouvement social d'opposition à la réforme des retraites ne semble pas vouloir s'atténuer. Le gouvernement a parié sur son essoufflement au fur et à mesure des jours, comptant sur la désolidarisation des Français, lesquels finiraient par être exaspérés par les grèves, sur l'adoption rapide des articles du projet de loi par le Parlement afin de montrer l'inutilité de celles-ci, et sur l'abstention de la jeunesse dans le débat.

Or, c'est tout l'inverse qui est en train de se produire. En effet, la grève ne s'essouffle pas et semble même devoir se radicaliser, comme nous pouvons le voir avec la grève générale de toutes les raffineries qui font craindre une pénurie d'essence dans tout le pays. De même, les Français restent majoritairement solidaires des grévistes, considérant cette réforme comme profondément injuste et régressive ; très majoritairement même, puisque 70% de ceux-ci semblaient soutenir les mouvements sociaux au début de la semaine. Enfin, la jeunesse est rentrée dans le bal, avec plus de 350 lycées perturbés et des dizaines de milliers d'étudiants dans les rues, manifestant contre un projet de loi qui ne les concerne que de très loin pourtant, sachant qu'une nouvelle réforme sera nécessaire en 2018. Or, le gouvernement entend ne pas céder. Mais il prend peur, car la reprise économique est fragile et un tel mouvement social ne peut que la handicaper, d'autant que la réforme ayant été faite dans l'urgence afin de donner des gages aux agences de notation, celles-ci ont les yeux braqués sur nous et la capacité de Nicolas Sarkozy et François Fillon à tenir leur engagement d'aller jusqu'au bout. Surtout, l'entrée des jeunes dans le mouvement fait craindre des débordements et des violences, lesquels accompagnent traditionnellement toute manifestation lycéenne depuis bien des années. Or, le gouvernement, mal en point dans les sondages, ne peut se permettre une flambée de violences. Il ne peut non plus se permettre de céder, sous peine de se suicider politiquement. Il ne peut non plus espérer remonter dans les sondages en la faisant passer en force. Pour résumer, quoi qu'il arrive, Nicolas Sarkozy a perdu cette bataille de l'opinion, une de plus, et s'il passera pour un réformateur, il sera également vu comme un président sourd aux souffrances et revendications du Peuple français.

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Un des cortèges de manifestants contre la réforme des retraites, à Brest, le 7 septembre 2010

Une réforme des retraites pourtant nécessaire

Pourtant, si la réforme est perfectible, celle-ci reste plus que nécessaire. Certes, nous la faisons sous la pression des agences de notation, et étant très attaché à la souveraineté de la Nation, cela m'est insupportable. Néanmoins, elle aurait dû avoir lieu tôt ou tard et s'avérait inévitable. Je suis donc satisfait que le président de la République ait abandonné son discours démagogique de 2007, époque à laquelle il disait qu'il ne réformerait pas les retraites et que le fait de pouvoir la prendre à 60 ans était un droit intangible. Pourtant, avant 1981, la retraite était à 65 ans et le système, sans être plus injuste ou antisocial qu'aujourd'hui, était financé. Je conviens que l'espérance de vie n'était pas la même, et que le déséquilibre démographique actifs-retraités non plus. Néanmoins, un rapport parlementaire a montré qu'une grande partie du déficit était due à la réforme de 1981 du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy, sous la houlette du président Mitterrand, lequel avait abaissé l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans pour 37,5 années de cotisations. Sans celle-ci, le régime général serait quasi à l'équilibre. Dès lors, une réforme devient nécessaire avec l'allongement de l'espérance de vie, l'effet « papy-boom » et le déficit abyssal des caisses de retraites à prévoir si rien n'est fait (selon le Conseil d'orientation des retraites, le besoin de financement en 2020 sera de 40,7 à 48,8 milliards d'€ si rien n'est fait). D'ailleurs, le Fonds monétaire international, présidé par un socialiste français, Dominique Strauss-Kahn, l'a bien compris, soutenant la réforme du gouvernement Fillon. Pour une fois que je suis d'accord avec cette institution internationale, chantre du néo-libéralisme le plus sauvage, c'est assez rare pour être signalé.

Néanmoins, si je soutiens le passage à 62 ans, je pense que le gouvernement a eu raison de faire quelques concessions sur des points particuliers. Contrairement à la Commission Attali qui prône l'appel à l'immigration pour financer notre régime de retraite et de protection sociale dans son ensemble, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une bonne solution, sachant que les immigrés devront un jour bénéficier d'une retraite et qu'il faudra alors faire appel à encore plus d'immigrés pour financer ces mêmes retraites... à tel point que nous devrions faire appel à pas moins de 91 millions d'immigrés d'ici 2100 selon cette stratégie (La France en faillite, Rémi Godeau) : totalement impossible à supporter économiquement, socialement et culturellement pour notre Nation. Dès lors, je me montre satisfait qu'en ce qui concerne les mères de famille le gouvernement ait cédé, à un moment où, au contraire, il faut tout faire pour favoriser la natalité française et donc ne pas décourager les femmes de faire des enfants. D'autant que celles-ci souffrent de grandes inégalités en terme de pension par rapport aux hommes. Il était dès lors important que le gouvernement fasse des aménagements à ce niveau, même si je pense que leur caractère quelque peu provisoire est nocif et qu'il faudrait pérenniser le système. Certains, aux courtes vues, argueront que cela coûtera cher. Nous manquerons de financement ? Je rappellerai alors que le gouvernement a prévu le moyens de financer ses concessions. Et je rappellerai également que l'égalité de traitement entre le public, le privé et les régimes spéciaux n'existe toujours pas que ce soit sur le taux de remplacement, le taux de cotisation, ou l'âge de départ à la retraite.

Une réforme trop audacieuse ? Bien au contraire !

Or, une véritable réforme courageuse aurait été de mettre l'ensemble des régimes à égalité. Oui, cela aurait provoqué nombre de conflits sociaux, c'est certains, mais cela n'aurait pas été pire qu'aujourd'hui, je pense, au point où nous en sommes arrivés. Il y aurait eu de quoi économiser plusieurs milliards d'€ en alignant l'ensemble des salariés sur les conditions du privé, ou bien, le coût en aurait été nul, en trouvant un juste milieu entre les deux (ce qui aurait permis par ailleurs, d'obtenir en plus le soutien des salariés du privé sur une telle réforme).

Enfin, ayant comme chaque individu un côté iconoclaste, je pense que l'occasion aurait été idéale d'instaurer un système de « fonds de pension à la française », régulé, contrôlé et sûr, afin d'éviter les dérives anglo-saxonnes (chose qu'aurait pu être le Fonds de réserve pour les retraites, créé en 1999... quand on vous parle d'occasion manquées !), alors même que la loi Juppé de mars 1997, instaurant des plans d'épargne retraite garantis par l'État, créait ces véritables fonds de pension à la française (que le gouvernement Jospin supprimera... avant de restaurer lui-même un simple prémisse de fonds de pension avec la loi sur l'épargne salariale de février 2001). Car, bien que très attaché au système par répartition, le seul qui permette à tous les travailleurs d'avoir une retraite et de créer une solidarité nationale entre actifs et retraités et entre public et privé (sauf que cette dernière solidarité est souvent à sens unique...), il apparait évident désormais que celui-ci, seul, ne suffit plus. D'ailleurs, les fonctionnaires, avec Préfon, dispose déjà d'un fonds de pension public, même si son extrême mauvaise gestion le rend particulièrement peu rentable. Et de la même manière, la création du Plan d'épargne retraite populaire (PERP) en 2003, n'est que l'aveu à demi-mot qu'il nous faut encourager la capitalisation en complément de la répartition.

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La vision française des fonds de pension, fondée sur l'observation empirique de la situation dans les pays anglo-saxons

Cependant, il nous faut nous méfier des excès de la finance, comme la crise de 2008-2009 nous l'a montré (crise qui n'est d'ailleurs toujours pas terminée, en tout cas tant que le chômage ne baissera pas durablement). Dès lors, comme nous avons créé un fonds souverain à la française avec le Fonds stratégique d'investissement, nous aurions pu créer un fonds de pension public à la française, obligatoire pour tous en fonction de leurs revenus et de leur épargne, en partant du Fonds de réserve pour les retraites (dont la base est d'environ 35 milliards d'€, ce qui n'est pas négligeable...). Une telle réforme nous aurait procuré quatre avantages principaux :

  • Elle nous aurait permis, auquel cas, de financer le déficit des retraites, tout en garantissant une collectivisation de l'épargne et ainsi de ne pas rompre la solidarité nationale inhérente au système par répartition. Pour s'assurer que l'État n'ait pas la tentation de s'en servir pour financer les autres déficits, il aurait néanmoins été nécessaire d'inscrire dans la législation qu'un tel fonds ne pouvait être utilisé que pour financer nos retraites.

  • Elle nous aurait également permis d'agir sur les marchés internationaux pour protéger nos entreprises françaises, en surplus du Fonds stratégique d'investissement, et ainsi de tenter de reprendre en main le contrôle du capital de celles-ci, lesquelles sont majoritairement en mains étrangères et de tenter de faire jouer notre différence au sein de la mondialisation, plutôt que de nous « normaliser », notamment sous l'effet des législations européennes. Or, lorsque le capital n'a pas de Patrie, seul compte pour celui-ci le profit maximum (d'autant que cela semble même être le cas lorsqu'il a une nationalité, bien que de façon plus nuancée...).

  • Elle aurait aussi permis le renforcement plus que probable des fonds propres des entreprises, qu'aurait favorisé l'allongement de la durée d'immobilisation de l'épargne (vous l'aurez compris, je ne suis pas favorable aux politiques de désépargne), accentuant le mouvement de désintermédiation à un moment où celles-ci (les entreprises) en ont bien besoin vu le peu d'empressement des banques à financer l'économie depuis 2008.

  • Elle aurait permis, enfin, de faire contribuer les plus gros revenus au financement de la solidarité nationale et de notre système de retraite, bien plus que les classes moyennes et populaires, sans pour autant augmenter sensiblement la fiscalité sur ceux-ci (puisque ces messieurs-dames semblent rétifs à l'idée de participer civiquement à la solidarité nationale), et donc sans jouer le rôle d'épouvantail (épouvantail à modérer cependant, comme nous le montre cette étude), à l'heure où l'on parle de supprimer le bouclier fiscal ainsi que l'Impôt sur la fortune (ce en quoi je suis favorable à condition que l'on augmente la tranche marginale de l'Impôt sur le revenu aux alentours de 50%).

Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive, mais voilà à mes yeux les quatre principaux avantages qu'aurait procuré une telle réforme.

Celle-ci aurait en outre permis aux générations futures, dont je fais partie, de croire en l'avenir, en sachant que désormais le fruit de leur travail leur servirait directement à financer leurs propres retraites, mais aussi celles de leurs aînés, tout en sachant qu'il contribuait au financement de l'économie nationale et des entreprises, et donc à la sauvegarde de leur emploi, d'autant plus si la réforme était couplée à une vraie « politique de participation-intéressement » (mais je ne vais pas rentrer maintenant dans le débat sur cette dernière, alors que je m'approche de la fin de ma démonstration). D'ailleurs, l'occasion aurait été magnifique de retourner les vices du système financier actuel et de la mondialisation contre ceux-ci et de nous servir des armes de l'adversaire pour mieux le combattre ou en tout cas atténuer ses effets néfastes. Car, s'il est un point en lequel le président de la République Nicolas Sarkozy a raison, c'est dans la dénonciation de ce qu'il appelle le « capitalisme financier »... il se trompe juste sur les termes, en réalité. Nous ne sommes plus dans le capitalisme, qui est la recherche rationnelle et productive du profit, mais dans le « financiarisme », une expression qui m'est propre (enfin, je crois), et qui est la recherche à tout prix de la rentabilité et du profit. En créant un tel fonds de pension public nous aurions pu contre-attaquer et faire en sorte de revenir au capitalisme, dans lequel je crois profondément s'il est associé à la participation pensant qu'il est le seul nous permettant d'allier liberté, progrès et bien-être, et ainsi de lutter contre le financiarisme qu'il faut combattre de toutes nos forces, en tant que dérive et générateur de régressions sociales et démocratiques.

La réforme était nécessaire, et mieux valait celle-ci que l'immobilisme. Mon regret est que j'ai malheureusement l'impression que cette réforme est celle des occasions manquées...

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